L’European Fashion Alliance lance un appel politique pour soutenir la mode indépendante
Le rapport 2025 de l’European Fashion Alliance (EFA) appelle l’Union européenne à reconnaître et structurer ce qu’elle nomme la « mode creativity-driven », un écosystème de marques indépendantes et de PME créatives, pour les inscrire au cœur de la politique industrielle européenne.
L’EFA réunit des fashion councils (comme le British Fashion Council), des fédérations (FHCM, FFPAPF, Camera Nazionale della Moda Italiana, etc.), des institutions éducatives et culturelles (Estonian Academy of Arts) ou encore des organismes liés à la durabilité ou à la recherche (Centre for Sustainable Fashion). Ces structures représentent plus de 10 000 entreprises de mode à travers l’Europe.
Dans son rapport 2025, l'EFA avance différentes pistes pour encadrer et soutenir l’écosystème de la mode indépendante vu comme un secteur stratégique sur les plans économiques, culturels et industriels :
- Taux de TVA réduit pour les matériaux durables
- Harmonisation des réglementations : guides pratiques et outils pédagogiques pour faciliter leur mise en conformité
- Création de plateformes recensant les fournisseurs européens
- Subventions pour la formation aux nouveaux outils technologiques et au développement de l’e-commerce
- Lutte contre la contrefaçon via l’IA
- Soutien aux salons internationaux aux artisans et aux fabricants européens
- Meilleur accès aux matières premières en petites quantités
Par ailleurs, le rapport estime que la mode envoie une mauvaise image d’elle-même aux consommateurs qui, de fait, privilégient le prix à tout autre argument. D’où l’importance d’un cadre européen pour le marketing digital, des campagnes éducatives en faveur d’une mode durable et d’un label « made in Europe » plus exigeant.
L’European Fashion Alliance souhaite créer un guichet unique pour la mode indépendante
Pour structurer cette dynamique, l’EFA propose de créer une plateforme européenne qui centraliserait financements, conseils réglementaires, outils pour la durabilité, programmes de formation et mise en réseau.
Autrement dit : un guichet unique institutionnel pour la mode créative. Le rapport considère que les ressources existent déjà mais sont dispersées, le Hub servirait à rendre le système lisible et opérationnel.
Pour ce faire, le rapport appelle à une mobilisation financière de l’Union européenne. Plutôt que de créer de nouveaux fonds, elle mise sur la réorientation de dispositifs déjà existants : financements liés à la transition écologique, aux outils numériques et à la R & D ou incitations fiscales.
En filigrane, le texte défend une forme de souveraineté européenne et cherche à trouver un meilleur équilibre entre la mode créative indépendante et les acteurs internationaux à bas coûts et aux modèles d’ultra-fast fashion.
Cependant, derrière la critique récurrente de l’ultra-fast fashion se dessine une tension plus silencieuse : celle d’une génération de marques indépendantes évoluant à des niveaux de prix proches du luxe, mais sans en posséder les structures, la puissance symbolique ni les marges. De cette tension, le rapport ne dit rien.
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