LVMH et Tiffany : accord imminent pour 16,3 milliards de dollars

Ce lundi, le groupe de luxe n°1 mondial et le plus grand joaillier de la planète devraient officialiser leur accord après deux mois de négociations. En effet, les conseils d’administration de LVMH et de Tiffany se sont réunis dimanche : un accord de principe a été validé. L’information, relayée par les médias économiques outre atlantique, stipule que LVMH lancera dès le début de cette semaine une OPA pour acheter l'intégralité des titres Tiffany : à 135 dollars l’action, le groupe de luxe déboursera donc, en cash, la somme de 14,79 milliards d’euros pour s'offrir cette maison new-yorkaise fondée en 1837 à Manhattan par Charles Lewis Tiffany et John B. Young.

Sauf coup de théâtre ultime et rebondissement de dernière minute, le joaillier américain, bien connu pour ses solitaires en diamants, pour son célèbre diamant jaune Tiffany (le plus gros de la planète) mais aussi pour sa vaste proposition de bijoux signés par les créateurs Jean Schlumberger, Elsa Perreti et Paloma Picasso, rejoindra donc le pôle joaillerie de LVMH. Ce pôle joaillerie est déjà conséquent puisqu’il comprend les maisons Bulgari, Chaumet, Fred, et dans une moindre mesure les départements joaillerie créés ex-nihilo sous l'impulsion de Bernard Arnault chez Christian Dior et Louis Vuitton.

LVMH et Tiffany : accord imminent pour 16,3 milliards de dollars

Cette annonce spectaculaire éclipse presque les coups d'éclats menés cette année par les groupes Richemont et Kering qui eux aussi ont décidé de frapper fort dans le domaine de la joaillerie. Richemont tout d’abord, groupe historiquement construit autour de la joaillerie avec Cartier et Van Cleef & Arpels s’est offert la maison Buccellati tout en initiant avec Net à Porter de nouveaux cérémoniaux autour de la haute joaillerie tandis que le groupe Kering, historiquement moins engagé dans ce secteur même s’il possède les maisons Boucheron et Pomellato, a créé la surprise cet été en dévoilant coup sur coup la première collection de haute joaillerie conçue par Alessandro Michele pour Gucci et en inaugurant la première boutique dédiée aux bijoux précieux place Vendôme à Paris.

La joaillerie et la haute joaillerie : ultime relai de croissance des groupes de luxe

On comprend donc la volonté de LVMH de surenchérir de 12 pour cent par rapport à sa première offre envoyée au conseil d'administration de Tiffany le 15 octobre dernier, au moment même où Bernard Arnault était sur le chemin de Dallas pour inaugurer un nouvel atelier Louis Vuitton avec le président américain. D'une part, l'achat de Tiffany permet au groupe de luxe de rééquilibrer la répartition géographique de ses ventes ( 24 pour cent aux Etats Unis et 36 pour cent en Asie actuellement), d'autre part, plus symboliquement cette fois ci, de passer en terme de chiffre d’affaires, devant son concurrent Richemont qui avec la pépite Cartier, était jusqu'alors le numéro 1 mondial dans le domaine de la joaillerie.

Plus pragmatiquement, cet achat confirme l’attrait de la joaillerie aux yeux des grands groupes de luxe mais aussi des grandes maisons indépendantes. Selon nos informations, Hermès devrait étoffer de manière significative son pôle joaillerie et haute joaillerie dans les mois à venir tandis que Chanel enregistre saison après saison des records de vente lors de chaque nouvelle présentation de haute joaillerie. Cette semaine encore, Giorgio Armani a ajouté sa voix à ce concept en présentant à Milan, sa première collection joaillière. Cet attrait s'explique pour une large part par l'énorme potentiel du secteur : seul 12 pour cent du marché mondial est actuellement aux mains des marques, le reste du marché étant dévolu aux bijoutiers de quartier. Un vaste territoire, quasiment inexploré, longtemps confidentiel et familial, que le savoir-faire des grands groupes en matière de production, de services mais aussi de communication et de marketing, pourra faire fructifier.

Credit photo : Tiffany

 

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