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Okaïdi (IDKIDS) annonce la suppression de 290 postes et la fermeture de 60 magasins en France

L’enseigne française de prêt-à-porter enfant Okaïdi a annoncé ce mardi 26 mai un projet de réorganisation pouvant entraîner jusqu’à 290 suppressions de postes en France et la fermeture d’une soixantaine de magasins, une nouvelle étape dans la restructuration engagée par le groupe IDKIDS depuis son placement en redressement judiciaire en février dernier.

Selon RTL, qui cite l’AFP, ce plan vise à recentrer le réseau français de l’enseigne sur ses points de vente jugés les plus performants, avec une mise en œuvre attendue au second semestre 2026. Okaïdi emploie aujourd’hui environ 2 000 collaborateurs en France et réalise près de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires sur le marché français, pour un total d’environ 600 millions d’euros à l’échelle mondiale, toujours selon RTL.

Dans un communiqué relayé par plusieurs médias, la direction évoque un « environnement durablement dégradé » pour justifier ce projet de réorganisation. Derrière cette formule, c’est en réalité toute l’économie du marché de l’enfant qui se trouve mise à mal.

Un marché fragilisé par la démographie et la seconde main

Okaïdi cite notamment la baisse de la natalité, la pression persistante sur le pouvoir d’achat des familles, mais aussi l’essor de la seconde main, devenue un circuit de consommation particulièrement structurant dans l’univers de l’habillement enfant.

Le segment est en effet confronté à une transformation plus rapide que le reste du textile. Les vêtements pour enfants, portés sur des périodes courtes et facilement remis en circulation, alimentent naturellement le marché de l’occasion, qui capte une part croissante des achats. À cette évolution s’ajoute la concurrence de l’ultra fast-fashion, qui continue de tirer les prix vers le bas.

Pour une enseigne historiquement positionnée sur le milieu de gamme, l’équation devient plus complexe : maintenir un réseau physique dense, absorber des coûts fixes élevés et préserver des marges dans un marché qui se contracte.

Une restructuration qui dépasse le seul cas Okaïdi

Le plan annoncé ce 26 mai s’inscrit dans un cadre plus large. Selon Les Dernières Nouvelles d’Alsace, le tribunal de commerce de Lille Métropole a placé début février plusieurs entités du groupe IDKIDS en redressement judiciaire, dont Okaïdi, Obaïbi, Oxybul et la plateforme logistique IDLOG.

La procédure, qui concerne environ 2 000 emplois en France, visait à donner au groupe une période d’observation pour restructurer ses activités et adapter son modèle économique à un environnement devenu plus difficile.

L’annonce de ce mardi marque ainsi le passage d’une phase de protection judiciaire à une phase plus opérationnelle, avec des décisions concrètes sur le périmètre commercial et social de l’enseigne.

La crise du milieu de gamme textile

Le cas Okaïdi illustre plus largement les difficultés rencontrées par de nombreuses enseignes françaises de prêt-à-porter positionnées sur le milieu de gamme.

Comme le soulignait déjà La Gazette France au moment du placement en redressement judiciaire du groupe, le marché connaît un phénomène de polarisation. Les acteurs premium conservent une clientèle plus résiliente, tandis que les enseignes low-cost et les plateformes ultra-digitales captent les arbitrages budgétaires. Entre les deux, les marques historiques voient leur position se fragiliser.

Dans l’habillement enfant, cette pression est encore accentuée par un facteur structurel rarement évoqué dans le textile adulte : la contraction démographique, qui réduit mécaniquement la taille du marché.

Avec environ 335 magasins en France, Okaïdi reste l’un des principaux acteurs du secteur. Mais l’annonce de ce plan confirme que, dans l’univers du retail textile, les difficultés ne relèvent plus seulement d’un cycle conjoncturel. Elles traduisent une recomposition plus profonde des usages de consommation, entre arbitrages budgétaires, montée de l’occasion et nouvelles formes de concurrence.


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