La filière française du cuir, qui rassemble 130.000 salariés, a dénoncé jeudi une mesure prévue dans le projet de loi de finances (PLF) 2019, qui va selon elle "amputer" de 820.000 euros les ressources dont disposent les entreprises du secteur.

Dans cette industrie - qui rassemble tous les métiers, de l'élevage à la distribution des produits finis - une "taxe" est collectée chaque année, principalement auprès des grands groupes de luxe qui réalisent les chiffres d'affaires les plus importants. Sur la base du principe de solidarité, ce montant bénéficie ensuite en priorité aux PME et TPE du secteur.

Pour 2018, les revenus de cette "taxe affectée" étaient plafonnés par le gouvernement à quelque 13 millions d'euros - alors que son montant devrait être supérieur à 16 millions d'euros pour l'année en cours, l'excédent allant dans les caisses du Trésor Public.

Le projet de budget présenté lundi par le gouvernement prévoit d'abaisser ce plafond à un peu plus de 12 millions d'euros, soit un manque à gagner de 820.000 euros pour le secteur.

"Cette mesure s'inscrit dans le contexte d'une baisse de 10 millions d'euros du plafond de l'ensemble des +taxes affectées+ des Centres techniques industriels. Elle pourrait mettre un terme aux performances de la filière cuir, tant en France qu'à l'international", déplore le Conseil national du cuir dans son communiqué.

Cette taxe "constitue le levier économique des entreprises du cuir. Elle concourt à la préservation et à l'amélioration des savoir-faire essentiels pour l'industrie française du cuir, à la R&D, à la poursuite de l'innovation, au développement des entreprises à l'export, et à l'équilibre de la balance des paiements", souligne la filière.

Une des "vitrines les plus visibles du savoir-faire français", l'industrie du cuir, "est aussi une locomotive économique des territoires avec 130.000 personnes salariées dans les industries de la tannerie mégisserie, de la chaussure, de la maroquinerie, de la ganterie, et de la distribution d'articles de cuirs".

Le Conseil natinal du cuir juge qu'"il s'agit d'un non-sens économique à l'heure où le gouvernement affiche son ambition de donner aux entreprises les moyens d'innover, de se transformer, de grandir, d'exporter et de créer des emplois". (AFP)

 

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