Plusieurs grands noms du e-commerce condamnés pour faux soldes

C’est la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (la DGCCRF) qui a alerté les médias au terme d’une enquête de plusieurs mois sur ce qu’il faut bien appeler « l’arnaque des fausses promotions sur internet ». Au total, 19 entreprises sont dans le viseur de la DGCCRF. Pas n’importe lesquelles puisqu’il s’agit des acteurs de premier plan du e-commerce en France, à savoir Amazon (numéro 1 du e-commerce), Zalando, H&M ou encore Vente-privée.

Le journal Le Parisien a dévoilé ce jeudi que ces entreprises allaient devoir verser une amende globale de 2,4 millions d’euros pour « pratiques commerciales trompeuses ». Vincent Designolle, directeur de cabinet de la DGCCRF a détaillé au journal le déroulé de l’enquête : « Nous avons réalisé des relevés de prix sur quelques produits pendant plusieurs mois. En cas de doute nous avons demandé des justificatifs ou fait des perquisitions. Et, en définitive, on peut dire que le système de fausses promotions est assez généralisé dans l'e-commerce. »

Une fraude généralisée à l’ensemble des acteurs de l’e-commerce

Selon RTL, plus de 116000 établissements et près de 11000 sites internet ont été contrôlés. Les fraudes sont visiblement nombreuses : 15000 procès-verbaux ont été dressés. De quoi s’agit-il précisément ? A priori, d’après la répression des fraudes, de nombreux sites de e-commerce présenteraient des produits soi-disant soldés au même prix qu’avant l’opération de promotion. Comment ? Tout simplement en augmentant le prix de ces produits juste avant les soldes. Autre fraude constatée : l’abus du terme ‘exceptionnel’ qualifiant des promotions qui se répètent en réalité toute l’année.

Plusieurs entreprises auraient déjà payé une lourde amende. Toujours au journal Le Parisien, Vincent Designolle indique qu’Amazon, Zalando et le Comptoirs des Cotonniers ont déjà réglé 1,5 million d’euros d’amendes. Certaines entreprises cependant contestent le verdict de la répression des fraudes : il s’agit d’H&H, de GrosBill, de Darel et de Netquattro. Enfin des enquêtes sont toujours en cours auprès de Vente-privée.com et de Showroomprive.com dont les locaux ont été perquisitionnés.

Ces fraudes, si elles sont avérées, ne pourront que renforcer l’aversion croissante des français pour les soldes. La raison de cette aversion est connue : les consommateurs ont l’impression (fondée si on en croit les conclusions de l’enquête de la DGCCRF) que la déferlante en tir continu de ventes privées, promotions et autres déstockages ont définitivement habitués les clients aux prix barrés. Le budget « soldes » des ménages s’est donc volatilisé pour se répartir sur tous les mois de l’année.

Signe positif, ce dérèglement constant du prix des vêtements favoriserait l’émergence de nouveaux modes de consommation. Ainsi, La fédération française du prêt à porter féminin considère que les clientes ne cherchent plus forcement en période de soldes le prix le plus bas mais le prix le plus juste par rapport à la qualité du produit. Autre signal positif, liée à l’enquête de la répression des Fraudes : certaines entreprises s’engageraient désormais à revoir leurs pratiques. Amazon a ainsi mis en place des procédures pour vérifier le prix de référence renseigné par ses fournisseurs tandis que Zalando s’engage à donner désormais davantage d’informations sur les prix. L’enjeu est de taille : le marché en ligne a augmenté de 14 pour cent entre 2014 et 2015. Et avec une nouvelle progression de près de 3 pour cent par rapport à l’année dernière, les ventes sur le net représentent 17,4 pour cent du marché du prêt à porter féminin français.

Crédit photo : capture d’écran youtube.com

 

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