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Qui va contrôler SMCP ?

By AFP

12 janv. 2022

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Maje

Paris - L'assemblée générale du groupe SMCP, qui détient Sandro, Maje, Claudie Pierlot et De Fursac, se tiendra bien vendredi après que le recours d'un actionnaire chinois pour l'"ajourner" a été écarté. Elle doit démêler le conflit complexe entre cet actionnaire et des créanciers anglo-saxons.

Le groupe chinois Shandong Ruyi, actionnaire majoritaire depuis 2016 du fleuron français du "luxe accessible",- via un véhicule d'investissement enregistré au Luxembourg, European Topsoho - est sur le point d'en perdre le contrôle. European Topsoho avait tenté de faire "ajourner" l'Assemblée générale par le Tribunal de commerce de Paris, mais ce recours a été rejeté, selon SMCP mardi.

Les actionnaires du groupe français devront donc se prononcer sur la révocation des représentants de Shandong Ruyi et European Topsoho au sein de son conseil d'administration.

Le groupe chinois n'a en effet plus vocation à contrôler ce conseil depuis qu'il a perdu la majeure partie du capital de SMCP, qu'il avait placé en garantie d'un emprunt obligataire de quelque 250 millions d'euros réalisé en 2018 auprès de plusieurs fonds, BlackRock, Carlyle, Anchorage, Boussard et Gavaudan.

Faute d'avoir été remboursés en temps et en heure, ces créanciers réunis dans l'entité GLAS ont pris possession de 29 pour cent de SMCP, qu'ils souhaitent revendre pour récupérer l'argent prêté. Le capital gagé était en réalité de 37 pour cent mais les créanciers, en restant sous le seuil des 30 pour cent, s'évitent de lancer une Offre publique d'achat (OPA).

Rapport de force défavorable

Auparavant, ils entendent écarter Shandong Ruyi et European Topsoho, dont la situation financière inquiète depuis plusieurs années les marchés. Alors que SMCP en lui-même est plutôt performant économiquement, notamment en Chine et en Amérique, son action a perdu quelque 65 pour cent de sa valeur depuis l'introduction en Bourse d'une partie du capital, fin 2017.

En assemblée générale, le rapport de force apparaît très défavorable à Shandong Ruyi : GLAS détient quelque 25 pour cent des droits de vote, les fondateurs et managers du groupe entre 11 et 12,5 pour cent, contre environ 14 pour cent pour European Topsoho. Environ 50 pour cent des droits de vote se répartissent entre capital flottant et "autres actionnaires". Sauf que, parmi ces autres actionnaires se trouve un mystérieux groupe, à qui European Topsoho a vendu, fin 2021, 16 pour cent du capital de SMCP - non concerné par la transaction avec les créanciers -. Selon GLAS, c'est en réalité Chenran Qiu, la fille du président de SMCP Yafu Qiu, qui a fait cette acquisition contre un euro.

De son côté, European TopSoho assure dans un communiqué sur son site internet qu'il s'agit là d'une "affirmation totalement incorrecte" et que la cession a été faite dans le cadre d'"un arrangement financier préexistant" - sur lequel la société ne peut donner davantage d'informations, "pour des raisons de confidentialité".

"La question se pose" en tout cas de la légalité d'une telle transaction, pointe auprès de l'AFP un bon connaisseur du dossier ayant requis l'anonymat.

Le père et la fille font partie des administrateurs de SMCP dont la révocation a été mise à l'ordre du jour de l'Assemblée générale.

Dans l'immédiat, "on ne sait pas si Chenran Qiu pourra exercer ses droits de vote vendredi à l'assemblée générale, dans la mesure où elle n'a pas fait de déclaration de franchissement de seuil à la hausse auprès de l'Autorité des marchés financiers", observe la même source citée plus haut. La situation devra être clarifiée avant le vote.

Parmi les administrateurs indépendants proposés pour remplacer les représentants du groupe chinois, Christopher Zanardi-Landi, le PDG de Louis Vuitton Chine ; Christophe Chenut, président du conseil de surveillance de Hopscotch ; ou Xavier Veret, spécialiste du retournement d'entreprises et des situations de crises et passé notamment chez Bourbon Offshore. (AFP)