Richemont remplace quatre patrons de ses principales marques

Johann Rupert, propriétaire du groupe genevois Richemont, numéro deux mondial du luxe derrière LVMH, avait prévenu : le changement arrive. C’était en septembre dernier lors d’une assemblée générale mémorable durant laquelle le magnat sud-africain n’avait pas mâché ses mots face aux résultats maussades du groupe. On le savait donc, les têtes allaient tomber. M. Rupert l’avait indiqué par une formule singulière: « je ne veux plus voir autant de cheveux grisonnants d’hommes blancs ». Une manière de dire à ses instances dirigeantes qu’il fallait renouveler les façons de penser, en s’ouvrant à de nouveaux points de vues, afin d’émettre des stratégies innovantes. S"ouvrir aux autres en quelque sorte.

Le groupe Richemont est principalement composé de marques de joaillerie et d’horlogerie. Or, l’horlogerie d’exception est en crise. Les ventes ont reculé, le bénéfice a chuté. Toutes les mesures drastiques ont déjà été prises l’année dernière avec une vaste vague de licenciements qui arrive à son terme, le tout accompagné d’une restructuration de la production. Ne reste plus maintenant qu’une dernière chose à faire: trouver des solutions créatives pour redonner l’envie aux consommateurs et aux collectionneurs d’acheter des montres chères. La tache ne sera pas aisée, d’autant plus que le nouveau riche n’a pas forcement de culture horlogère.

Richemont remplace quatre patrons de ses principales marques

Parmi les 20 marques qui composent le groupe Richemont, certaines peuvent dormir tranquille : c’est le cas par exemple de la maison Van Cleef & Arpels dirigée de main de maitre par Nicolas Bos, une maison qui livre d’excellents résultats depuis plusieurs années (il est vrai que son secteur d’activité est principalement tourné vers la haute joaillerie, un secteur qui lui ne souffre pas), Cartier non plus n’a pas de souci à se faire : les nouvelles équipes sont en place depuis plusieurs mois sous la direction de Cyril Vigneron et la célèbre maison de joaillerie et d’horlogerie suit depuis une voie raisonnable : une voie qui consiste à mettre en valeur les icones de son riche patrimoine sans s’aventurer dans des expériences dont l’audace serait hors de saison.

Refonte structurelle

Pour les autres maisons, c’est plus compliqué. La plupart sont des manufactures ont beaucoup souffert (baisse des ventes en Asie, franc fort, attentats en Europe). Seuls IWC et Montblanc ont fourni de très bons résultats. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle leurs directeurs respectifs Georges Kern et Jérôme Lambert ont été nommés à des postes de directeur au plus haut niveau chez Richemont, (Georges Kern dirigera la nouvelle division horlogère du groupe, Jérôme Lambert est nommé directeur des opérations responsable des services centraux et régionaux de Richemont). Ces deux nouveaux hommes forts du groupe font également leur entrée au conseil d’administration. En somme, les bouleversements annoncés lundi en interne n’ont donc pas été une surprise pour la plupart de 8000 employés de Richemont.

Dans un courrier mis en ligne lundi sur l’intranet du groupe, le directeur général Richard Lepeu, et son directeur financier Gary Saage - tous deux sur le départ - ont annoncé quatre départs importants : il s’agit de Philippe Leopold-Metzger, de Juan-Carlos Torres, de Daniel Riedo, de Fabrizio Cardinali. Ils sont respectivement patron de Piaget, de Vacheron Constantin, de Jaeger-Lecoultre et d’Alfred Dunhill. Les deux premiers partent à la retraite, les deux derniers se retirent.

A partir du 1er avril prochain, Piaget sera dirigé par Chabi Nouri, directrice marketing et des ventes de la marque. Vacheron Constantin sera dirigé par Louis Ferla, lui aussi directeur marketing et ventes de la marque jusqu’à maintenant. Alfred Dunhill sera dirigé par Andrew Maag qui vient de chez Burberry. Personne n’est nommé chez Jaeger-Lecoultre pour l’instant. Philippe Leopold-Metzger était à la tête de Piaget depuis 17 ans. A l’automne dernier, Christoph Grainger-Herr avait été nommé à la tête d’IWC pour succéder à Georges Kern, et que Nicolas Baretzki avait été nommé à la direction de Montblanc après la nouvelle nomination de Jérôme Lambert comme directeur des opérations de toutes les sociétés de Richemont. Rappelons enfin que le groupe a décidé de supprimer le poste de directeur général (CEO) : les directeurs des différentes maisons et les chefs de nouveaux grands secteurs rapporteront directement au conseil d'administration.

Crédit photo: salon SIHH qui presente à Geneve les nouveautés des maisons du groupe Richemont

 

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