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Sept e-commerçants sur dix impactés par la crise économique

By Herve Dewintre

8 août 2022

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Unsplash

Selon une enquête réalisée par Prestashop, sept e-commerçants sur dix voient leur activité impactée par la situation économique. Une conséquence qu'ils compensent en activant différents leviers tels que l'augmentation des prix ou le contrôle des coûts.

À l’exception notable du secteur du luxe qui affiche une santé éclatante, la plupart des commerces fait grise mine. C’est du moins l’enseignement qu’induit la présentation par la société Prestashop d’une enquête auprès de marchands qui gèrent leur activité e-commerce via le logiciel proposé par la société et qui réalisent plus d’un million de GMV (gross merchandise value ou valeur brute des marchandises) par an, tous domaines d’activités confondus : en B2C comme en B2B, de la mode à l’alimentation en passant par l’équipement de la maison, le sport, la bijouterie, le jardinage ou encore l’animalerie.

Pour rappel, Prestashop, fondé en 2007 (et soutenu depuis novembre 2021 par le groupe MBE Worlwide pour accélérer sa croissance et devenir la plateforme mondiale leader du e-commerce et de la logistique) délivre des solutions open-source permettant aux entreprises de déployer leurs activités sur la toile (solutions de paiement sécurisées dans le monde entier, analyse de performance, webmarketing, offre d’hébergement. 300 000 entreprises utilisent ce logiciel. En 2020, les sites PrestaShop ont généré plus de 22 milliards d’euros de ventes en ligne.

Le premier enseignement de cette enquête laisse percevoir la crainte d’un ralentissement après une période dorée. L’année 2021 a été particulièrement fructueuse pour les marchands Prestashop qui ont vu leurs ventes augmenter de 9 pour cent, atteignant ainsi 24 milliards d’euros, le tout avec une croissance de l’activité tirée par les ventes internationales. Cette euphorie ne va visiblement pas durer. Chacun prend conscience qu’au delà de la crise pandémique, non terminée, l’économie mondiale se confronte désormais à de nombreux et angoissants défis : guerre en Ukraine, crise énergétique, problèmes de chaine d’approvisionnement.

La perte de clients et la baisse des taux de conversion se font ainsi sentir sur le premier semestre 2022 pour de nombreux commerçants. Cette tendance est encore plus prononcée en France avec près de 46 pour cent des commerçants impactés enregistrant une baisse des taux de conversion et 42 pour cent une perte de clients tels que Agitateur Floral, Maliterie, Drawer et Cetofine. « Les modes de consommation sont évidemment impactés par l’inflation globale qui pèse sur le pouvoir d’achat de nos clients. Le nombre de commandes a baissé en ce début d’année 2022, mais le panier moyen a cumulativement augmenté de 22 pour cent, ce qui est de bon augure pour le futur du grooming masculin » indique dans le communiqué Nicolas Herpin, directeur général d’Oberbarshop.

Outre l'impact sur les ventes, de nombreux commerçants font face aux conséquences de la situation économique sur leur activité. Globalement, les principaux impacts sont l'augmentation des coûts (pour près de 71 pour cent des commerçants), l'approvisionnement en matières premières (53 pour cent) et les problèmes de logistique (35 pour cent). En France, les conséquences sont plus limitées, avec une augmentation des coûts affectant 62 pour cent des commerçants impactés, suivie de près par des problèmes d'approvisionnement en matières premières pour 58 pour cent d'entre eux.

Augmentation des prix et baisse des couts privilégiés aux soldes et aux promotions

La bonne nouvelle, c'est qu'au niveau international, 57 pour cent des commerçants adaptent leur modèle économique pour faire face à la conjoncture. Le contrôle des dépenses (35 pour cent) et l'augmentation des prix (38 pour cent) figurent parmi les principales mesures prises par les commerçants à travers le monde. A contrario, les promotions (moins de 20 pour cent d'entre eux misent sur ce levier) et le report de projets d'embauche (moins de 15 pour cent y pensent) comptent parmi les mesures les moins plébiscitées par les marchands. En France, les commerçants suivent la tendance : 41 pour cent d'entre eux choisissent d'augmenter leurs prix et 34 pour cent de contrôler leurs dépenses pour faire face à la situation économique.

«Malgré les difficultés rencontrées au cours du dernier exercice, nous gardons cependant bon espoir face à l’avenir et avons d’ores et déjà pris des mesures, tant au plan commercial qu’au niveau de la gestion. Nous avons dorénavant trois offres : BtoB, BtoC et événementiel. Nous orientons nos activités vers l’éco-responsabilité, l’idée-cadeau, la personnalisation, le retail et le service » synthétise Nicolas Serres, directeur général de Run Better. « Nous recentrons nos activités commerciales et de développement sur le BtoB de façon à réduire les coûts de publicité et autres charges liées aux activités web et à l’inflation des matières premières. Les actions visent à augmenter la rentabilité de la structure et limiter la croissance, mais en concentrant nos efforts sur les activités à fort potentiel, et ceci à moindre coût » Au cœur d’une transformation numérique d’ampleur planétaire, les commerçants continuent de prouver leur résilience.

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