Suisse : les exportations horlogères s'effondrent vers la Chine en février

Zurich - Les exportations horlogères suisses ont chuté de 9,2 pour cent sur un an en février, à 1,6 milliard de francs suisses (1,5 milliard d'euro), selon les statistiques de la fédération horlogère publiées jeudi, s'effondrant vers la Chine où le coronavirus avait déjà mis le pays à l'arrêt.

En février, les exportations vers la Chine, considérée comme le moteur de la croissance pour l'horlogerie suisse, ont plongé de 51,5 pour cent, reléguant ce marché qui se situe habituellement dans le trio de tête au neuvième rang dans le classement mensuel de la fédération horlogère suisse.

Les exportations vers Hong Kong, en chute libre depuis le début des vastes manifestations pro-démocratie, ont dégringolé de 42 pour cent , a indiqué la fédération horlogère dans un communiqué, "enregistrant leur plus forte baisse mensuelle des vingt dernières années", a-t-elle précisé.

"Les conséquences de l'épidémie de coronavirus ont commencé de se faire sentir", a reconnu la fédération horlogère, soulignant toutefois que les statistiques ne reflètent "pas encore complètement la situation effective sur certains marchés".

Les exportations horlogères font partie des indicateurs très suivis par les analystes financiers et professionnels de luxe pour décrypter les tendances dans le secteur.

Il s'agit d'envois de montres chez les détaillants, et non de ventes, ce qui donne une indication sur les stocks que constituent les boutiques en fonction en prévision de leur confiance sur la demande. Cela peut faire ressortir un décalage entre le moment où les commandes sont passées et la demande effective dans les magasins.

En février, les exportations horlogères ont continué à augmenter sur les grands marchés européens, à l'exception du Royaume-Uni où elles ont chuté de 18,9 pour cent . En Allemagne, elles se sont accrues de 7,3 pour cent en rythme annuel, et ont grimpé de 12,6 pour cent vers la France et de 5 pour cent vers l'Italie.

Elles ont également bondi de 17,8 pour cent vers les Etats-Unis, un des grands marchés pour l'horlogerie suisse avec la Chine et Hong Kong. Depuis que le coronavirus a été qualifié de pandémie, les analystes financiers sont en train de revoir massivement leurs estimations de bénéfices pour l'horlogerie, la situation ravivant le spectre de 2009, une année noire pour l'horlogerie marquée par un effondrement des ventes et commandes. Avec la crise financière de 2007-2008, de nombreux détaillants s'étaient résolus à consentir d'importants rabais pour liquider les stocks accumulés face à la chute de la demande. (AFP)

 

Sur le même sujet

PLUS D'ACTUALITÉ

 

LES DERNIÈRES ANNONCES D'EMPLOI

 

LES PLUS CONSULTÉS