Swatch Group : les troubles politiques à Hong Kong impactent les ventes

Zurich- L'horloger suisse Swatch Group a publié mercredi des chiffres en baisse pour le premier semestre alors que ses ventes ont pâti des troubles politiques à Hong Kong, le premier marché d'exportation pour les fabricants de montres suisses.

Sur les six premiers mois de l'exercice, son bénéfice net s'est contracté de 11,3 pour cent, à 415 millions de francs suisses (374 millions d'euros), tandis que son chiffre d'affaires s'est replié de 4,4 pour cent à 4 milliards de francs, a-t-il indiqué dans un communiqué.

Ces ventes s'inscrivent légèrement en deçà des attentes des analystes interrogés par l'agence suisse AWP, qui tablaient sur 4,1 milliards de francs suisses en moyenne, son bénéfice dépassant cependant les attentes. Les analystes le situait en moyenne à 405 millions.

« Les ventes à Hong Kong, un important marché offrant des marges attrayantes, ont pâti des troubles politiques. Cela a entraîné une baisse à deux chiffres des ventes », a précisé le groupe suisse, sans donner le détail de ses recettes dans le territoire semi-autonome chinois.

En Chine continentale, au Japon et aux Etats-Unis, la croissance a été positive dans tous les segments de prix, a-t-il toutefois souligné.

Hong Kong est le premier marché d'exportation pour les fabricants de montres suisses. Le territoire se pose en véritable en porte d'entrée de l'Asie, de nombreux acheteurs chinois venant y faire leurs achats de produits de luxe.

L'an passé, la valeur des exportations de montres suisses s'y chiffrait à 3 milliards de francs suisses, selon les statistiques de la fédération horlogère suisse, contre 1,7 milliard pour l'ensemble de la Chine, son troisième plus gros marché.

Lutte contre le marché gris

L'horloger suisse, propriétaire notamment des marques Tissot, Longines et Omega, a également attribué cette érosion du chiffre d'affaires aux mesures mises en place pour lutter contre le marché gris.

Swatch Group a mené « une politique intransigeante » à l'égard des revendeurs, en particulier sur les marchés européens, en Europe de l'Est, au Moyen-Orient et en Amérique du Sud, estimant que ces mesures auront des répercussions positives à long terme malgré un impact dans l'immédiat sur ses recettes.

Les horlogers suisses sont confrontés à une multiplication des revendeurs sur des réseaux parallèles qui écoulent des montres légalement mais par le biais de canaux de distribution non autorisés par les marques, souvent en ligne, entre autres en achetant des montres dans un pays pour les revendre dans un autre à moindre prix en empochant au passage un gain sur les écarts de change.

A 09H00 GMT, l'action s'adjugeait 4,87 pour cent à 303,50 francs suisses, surpassant nettement le SMI, l'indice de référence de la Bourse suisse, qui progressait de 0,82 pour cent.

Le titre a perdu environ 4 pour cent depuis le début de l'année, enregistrant une nette baisse entre mi-avril et début juin, face à la nervosité des investisseurs quant au répercussions du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine, le moteur de la croissance du groupe suisse qui y est fortement implanté.

« Swatch Group s'en est mieux sorti que craint », a réagi Patrik Schwendimann, analyste à la Banque cantonale de Zurich, dans un commentaire boursier.

L'horloger suisse a dit s'attendre à « une solide croissance » au second semestre, notamment grâce au lancement de nouveaux produits sur tous les segments de prix.

Connu pour ses montres en plastique multicolores, Swatch Group est également propriétaire d'un vaste portefeuille de marques, englobant aussi bien les montres pour enfants FlikFlak que les montres de haute joaillerie Harry Winston, le diamantaire américain racheté en 2013.

Le groupe mise également sur le commerce en ligne pour soutenir sa croissance au second semestre, en particulier sur le milieu et entrée de gamme. (AFP)

Photo : Swatch Facebook

 

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