Touchés par la crise, les Français s’orientent vers une baisse durable de leur consommation

Peu de gagnants et beaucoup de perdants. C'est en résumé la conclusion de l'étude EY Future Consumer Index qui s'est basée sur des sondages consommateurs menés en quatre fois (avril, mai, juin, juillet) auprès d'un panel représentatif de plus de 14 000 répondants dans 18 pays dont plus de 1 000 répondants en France. L'étude interroge les changements d'habitude de consommation à travers leurs comportements présents, leur sentiment et intentions à court terme et structurellement.

Concrètement, l’étude anticipe une baisse durable de la consommation, plus marquée que dans les autres pays et touchant la plupart des secteurs d’activité. Déjà impactés économiquement, les consommateurs vont privilégier l'accessibilité des prix, au profit des marques distributeurs et au détriment des marques traditionnelles. Les secteurs à être impactés négativement par la baisse de consommation sont beaucoup plus nombreux que ceux à tirer leur épingle du jeu. Cela concerne notamment les secteurs ne pouvant pas faire l’objet d’achat compte tenu des restrictions (sorties, sport en salle…) mais aussi les catégories de produits non-indispensables ou les achats pouvant être repoussés, c’est à dire les gros achats, les cadeaux et tout ce qui concerne les achats liés au secteur du luxe.

Dans le détail, l'étude indique que 58 pour cent des Français prévoient d'être beaucoup plus attentifs à leurs dépenses générales, 54 pour cent vont chercher à économiser davantage. Autre enseignement : 56 pour cent déclarent se rendre moins souvent dans les magasins et près de la moitié (47 pour cent plus précisément) compte diminuer la fréquence de ses courses. 31 pour cent anticipent des modes de consommation plus frugaux (25 pour cent) ou des coupes budgétaires importantes (6 pour cent).

« L’évolution des critères d’achats va poser un défi important aux grandes marques dans les mois à venir »

En ce qui concerne les enjeux plus spécifiquement liés au secteur de la mode, il faut noter que 31 pour cent des français sont prêts à infléchir leur comportement d’achat au regard des enjeux sociétaux et environnementaux. Parmi ces enjeux, les consommateurs ont cité : les attentes de produits locaux (42 pour cent), éthiques (25 pour cent) et compatibles avec un développement durable (22 pour cent). Sans surprise, 69 pour cent des répondants indiquent que les critères de prix et de santé demeurent prépondérants lors de l'acte d’achat.

Enfin, 43 pour cent des Français s'apprêtent à revoir leur choix de marques nationales au profit de marques régionales ou innovantes. « La baisse de la consommation et l'évolution des critères d'achats va poser un défi important aux grandes marques, qui risquent de perdre des parts de marché dans les mois à venir. Un travail global, sur le positionnement des gammes, les prix, la distribution, sera souvent nécessaire pour continuer à se distinguer dans un contexte de ralentissement appelé à perdurer », commente Pierre Santamaria, Partner France EY. Seule petite note positive à signaler : la chute des intentions d'achat s'est malgré tout atténuée pour les vêtements et les chaussures mais aussi les produits de beauté et cosmétique. Sur le long terme, la mode n'est pas gagnante néanmoins : ce sont les produits frais, en forte progression dans les intentions d'achats, qui apparaissent comme les premiers bénéficiaires de la crise.

Crédit photo : Le Bon Marché

 

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