Tricotage des Vosges (Bleu Forêt) développe son réseau pour lutter contre la baisse des ventes en grande distribution

Depuis plus de 20 ans, Bleu Forêt a assis sa réputation sur des produits de qualité en fibres naturelles, 6 millions de paires annuelles tricotées dans son usine vosgienne de Vagney. Une production made in France reconnue que l’entreprise diffuse, en grande distribution (notamment avec sa marque Olympia) comme dans le réseau sélectif (Bleu Forêt).

Fin 2017 et animée par la constante volonté de produire en France, l’entreprise a investi pour diversifier sa production avec la fabrication de collants transparents en polyamide-Lycra. Pour cela, une unité de fabrication spéciale a été créée au sein de l’usine. Un pari osé, quand on sait que la grande majorité des collants de polyamide, si l’on excepte une partie de la production de Dim encore fabriquée à Autun (Saône et Loire), ainsi que certaines gammes de Well et Le Bourget, est fabriquée hors de France, totalement ou pour partie.

Pour cette relocalisation, Bleu Forêt a tenu à maîtriser la totalité de sa production, du fil au conditionnement final, en se dotant d’un outil industriel de pointe totalement intégré. L’investissement total a été de 1,5 millions d’euros. Pour Jacques Marie, Pdg de Tricotage des Vosges, la fabrication en France de ce type de collants est devenue possible, grâce à l’évolution de métiers à tricoter spéciaux et la robotisation poussée des opérations d’assemblage, teinture, formage, pliage et emballage. Ceci implique, cependant, une extrême rigueur dans la mise en place et le suivi du processus industriel à tous les niveaux, ainsi qu’un contrôle de qualité exigeant. C’est pourquoi la fabrication des nouveaux collants Bleu Forêt est scindée entre les deux sites de Tricotage des Vosges, à Vagney et Romilly (Aube), en fonction de leurs étapes de production. Un atelier de tricotage et d’assemblage spécialement dédié a été monté à Vagney, pour le seul tricotage des fils polyamide écrus. Dix métiers à tricoter de la toute dernière génération ont été commandés spécialement. L’assemblage des jambes, totalement robotisé, permet des coutures plates qui, jusqu’à présent, ne pouvaient être effectuées qu’à la main. C’est à Vagney encore que les collants écrus ainsi obtenus sont empaquetés par 50 ou 200 dans des sacs textiles, pour être envoyés à Romilly et traités au fur et à mesure des commandes des clients. Les fils 3 D sont de provenance française (Calvados et région de Troyes) mis au point, pour certains, avec les filateurs et donc exclusifs. Après deux saisons, 450000 exemplaires de ces collants en fils synthétiques ont été vendus. Sur cette lancée, une gamme de cinq mi-bas haut de gamme transparents ou opaques seront commercialisés pour l’hiver à venir.

Toutefois, l’entreprise fait face aujourd’hui à une baisse de ses ventes, due en grande partie aux difficultés de la grande distribution. C’est pourquoi Jacques Marie a entrepris de réorienter sa stratégie, en renforçant les liens avec le client final. « Trouver en grandes surfaces des chaussettes de fabrication française est compliqué. Le plébiscite du public pour le Made in France se heurte à une réalité économique : la prépondérance en linéaires des marques distributeurs, des produits importés, des offres promotionnelles et la quasi absence d’offres industrielles » explique Jacques Marie. Le fabricant à donc scindé ses collections en deux catégories : « Premium », destinée aux grands magasins, au détail et à son site de vente en ligne et « Food », s’adressant à la grande distribution.

Premier acte de la nouvelle politique de la société, le développement d’un réseau de boutiques en propre. Après l’ouverture de trois boutiques Bleu Forêt à Paris, à Lyon, à Lille, entre 2017 et 2018, la marque ouvre coup sur coup trois nouvelles vitrines dans des artères très commerçantes : deux à Paris, (82 rue du Commerce, dans le 15 e arrondissement, et 94 rue Saint-Dominique, dans le 7ème), et au mois d’août, un troisième magasin à Chamonix. Sont également dans les tuyaux les villes d’Annecy de Bordeaux, et à l’export, de Zurich et Milan.

Bleu Forêt renforce son réseau de boutiques en propre

L’exportation est également un axe crucial pour la marque de chaussettes et collants haut de gamme. L’international représente aujourd’hui 25 pour cent de son chiffre d’affaires. Son image qualitative et son Adn « French Touch » va lui permettre de s’implanter dans des magasins emblématiques en Europe (El Corte Inglès, La Rinascente, Globus, Ahlens…), ainsi qu’au Canada (250 détaillants y distribuent la marque, outre les magasins haut de gamme Simons) au Japon, avec une forte présence chez Isetan Mitsukoshi , au Mexique (les magasins de luxe Palacio de Hierro) ainsi qu’en Russie (grands magasins Stockmann ). Autant de marchés que l’entreprise va désormais gérer en direct, alors qu’elle faisait auparavant appel à des distributeurs locaux.

Enfin, le site de e.commerce de la marque va renforcer sa présence à l’international, notamment en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie et aux Pays-Bas. Ses ventes représentent actuellement sept pour cent du chiffre d’affaires de Bleu Forêt, avec 30 000 clients réguliers.

Photo : Jacques Marie, pdg de Bleu Forêt

 

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