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Vêtements : ce qui change à partir du 1er janvier

By Herve Dewintre

31 déc. 2021

Business

Une série de mesures anti-gaspillage entre en vigueur ce 1er janvier. L’objectif : éviter la surproduction.

Il faut impérativement réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce cri d'alarme a été poussé par le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) : un organisme onusien chargé d’évaluer les connaissances sur l’évolution du climat. Ce groupe analyse et synthétise les documents et les études produits par des milliers de scientifiques. Dans son sixième rapport d’évaluation, consacré aux « éléments scientifiques » sur le dérèglement climatique, ce groupe confirme que ce sont les activités humaines – et les émissions de CO2 en découlant - qui sont à l’origine du réchauffement global de l’atmosphère, des océans et des terres. Grâce à de nouveaux outils et à des méthodes plus précises, les scientifiques ont ainsi pu établir des liens directs entre des événements extrêmes précis, comme la vague de chaleur en Sibérie en 2020, et le dérèglement climatique.

Or la production vestimentaire a doublé depuis 2000. Cette contradiction, pointée par de nombreuses associations et collectifs de premier plan, ramène toujours au même constat : l’industrie textile doit limiter ses émissions de gaz à effet de serre par 3. Comment ? En produisant moins et mieux. Si de très nombreuses marques s’engagent avec sérieux vers la neutralité carbone, les associations s’accordent sur le fait que l’industrie mondiale de la mode ne s’attaquera pas à son impact destructeur sur le climat sans réglementation nationale (en attendant des résultats plus significatifs liés à une coopération générale dans le cadre de la COP27 qui se déroulera sur le continent africain, en Egypte, du 7 au 18 novembre prochain .

Greenpeace notamment, fait ce constat en se basant sur des contrôles menés par la branche allemande de l’association, dix ans après le lancement de sa campagne Detox My Fashion dans le cadre de laquelle, 29 grandes marques dont Nike, Adidas, H&M ou Primark, s’étaient engagées à éliminer les produits chimiques dangereux, mais aussi à lutter contre la surproduction. Greenpeace reconnait que des efforts importants ont été faits en ce qui concerne l’élimination des produits chimiques dangereux. Mais elle acte dans le même temps le fait que les exemples de ralentissement de flux de nouveaux vêtements sont bien rares.

Repenser la gestion des stocks

Une réglementation donc. En France, la loi anti-gaspillage a été promulguée début 2020. Elle propose des initiatives en faveur de l’économie circulaire (Agec). Certaines d’entre elles vont se concrétiser dès le 1er janvier 2022 avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle série de dispositions qui concernent l’industrie du textile et du vêtement. La destruction des invendus en fait partie puisque le secteur du textile représente 40 pour cent des invendus en France. Les entreprises ne pourront plus mettre en décharge ou incinérer les vêtements qu’elles n’auront pas vendus. Il faudra les réemployer, les réutiliser ou les recycler. Une mesure jugée indispensable par la ministre Barbara Pompili qui souligne que l’élimination des déchets provoque jusqu’à vingt fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que leur réutilisation.

Recycler ? Ce n’est pas toujours possible, surtout dans le domaine de la fast fashion ou la mauvaise qualité des fibres et des vêtements, remplis de polyester, est monnaie courante. Le but ultime de cette mesure est donc d’inciter l’ensemble du secteur industriel à repenser la gestion de ses stocks. En d’autres termes, à réduire la surproduction. Les distributeurs, dans leur grande majorité, se disent prêts à jouer le jeu. « *Depuis deux ans, les enseignes ont appris à mieux anticiper la demande pour produire exactement le nombre de produits qu’on va vendre* », assure Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce qui représente les grands magasins et les enseignes de mode et de chaussures. Les professionnels qui ne respecteront pas ces nouvelles dispositions risqueront jusqu’à 15 000 euros d’amende « par manquement et par personne morale » en cas d’inspection de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Une menace bien locale qui ne fera assurément pas trembler les géants de la fast fashion et de leurs nouveaux concurrents, comme Shein (application spécialisée dans l’ultra fast fashion, très populaire chez les millenials), venus de Chine.

Crédit photo : Hervé Dewintre

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