La demande de la CGT qu'une expertise de gestion soit menée sur les comptes du groupe de distribution en difficulté Vivarte sera finalement examinée par la justice le 23 mars, le dossier ayant été renvoyé jeudi.

La fédération CGT du commerce et le syndicat CGT Vivarte ont assigné fin janvier en référé Vivarte et ses sociétés de tête, Novarte et Novartex, devant le tribunal de grande instance de Paris. Ils demandent que soit ordonnée une expertise sur les comptes du groupe, qui a annoncé en janvier deux nouveaux plans sociaux (PSE) ainsi que la cession d'André, son enseigne historique, et de Naf Naf. Dans leur viseur, les conséquences des LBO (rachat par endettement) de 2007 et 2014.

Les syndicats souhaitent que l'expertise se penche sur "l'impact des charges d'intérêt", mais aussi des distributions de dividendes, sur la trésorerie du groupe et ses capacités d'investissement. Ils demandaient aussi que l'expert procède à l'examen "du bien-fondé des décisions des dirigeants et actionnaires, notamment des fonds d'investissement entrés au capital de Vivarte en 2014", les fonds Oaktree, Babson, GLG et Alcentra, "au regard de l'intérêt social" du groupe et de ses filiales. Mais le juge a souligné que cela n'était pas le rôle de l'expert.

Me David Verdier, leur avocat, a souligné qu'avec cette procédure, qui "met dans la cause les sociétés Novartex et Novarte", les syndicats entendaient aller "plus loin". Il a mis en avant le "conflit d'intérêt" des "banquiers actionnaires", qui "privilégient les remontées de dividendes plutôt que les investissements".

Les syndicats FO, CFTC et CFE-CGC de Vivarte se sont portés intervenants volontaires à la procédure, de même que le fonds Oaktree. L'expertise, si elle était ordonnée, durerait de six à huit mois, selon le délai évoqué à l'audience. Le comité de groupe Vivarte et le comité central d'entreprise de La Halle demandent aussi une expertise de gestion, mais via une procédure devant le tribunal de commerce.

Près de 900 postes doivent être supprimés dans le cadre des deux PSE annoncés à la Halle aux chaussures et chez Vivarte Services. Mais les syndicats en craignent davantage et s'inquiètent notamment pour les deux dépôts du groupe.

Le PDG Patrick Puy a "laissé entendre cette semaine que la logistique serait externalisée en 2018", a indiqué Karim Cheboub (CGT). Les deux dépôts, à Issoudun et Châteauroux, comptent au total environ 1.000 salariés (CDI et intérimaires). (AFP)

 

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