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Vivarte se dit en passe de régler le problème de sa dette

Le distributeur textile Vivarte (André, Naf Naf, La Halle...), a assuré mercredi être sur le point de réussir à renégocier une nouvelle fois sa dette, qui devrait être réduite des deux tiers, confirmant des informations de presse.

Cet accord permettrait de faire passer la dette de 1,3 milliard à 572 millions d'euros, confirme-t-on chez Vivarte. "Nous avons d'abord terminé les négociations avec nos créanciers sur la dette. L'accord a été signé. Nous avons obtenu 172 signatures sur 172. Une assemblée générale entérinera l'opération fin avril, début mai, après consultation de nos partenaires sociaux", a déclaré le PDG du groupe, Patrick Puy, dans une interview aux Echos.

846 millions de la dette du groupe seront convertis en capital, tandis que la dette résiduelle verrait sa maturité prolongée de deux ans, jusqu'en 2021. Selon M. Puy, "les créanciers ont accepté, si jamais nous devions malgré tout ne pas respecter nos covenants (engagements pris par un débiteur, ndlr), d'abandonner la dette restante par le biais d'une fiducie", ce qui réglerait "définitivement" le problème de la dette du groupe, contractée depuis son rachat par LBO en 2007.

Vivarte a entamé un processus de renégociation de sa dette depuis juillet 2016. En janvier, M. Puy avait déjà indiqué que le groupe était "en très bonne voie pour trouver un accord de restructuration de la dette avec les créanciers". En 2014, Vivarte avait réussi une première fois à renégocier sa dette, alors de 2,8 milliards d'euros, en faisant accepter à ses créanciers de renoncer à 2 milliards d'euros, et avait obtenu un prêt supplémentaire de 500 millions d'euros. Cette restructuration s'était faite au prix d'un changement d'actionnaires, les fonds Alcentra, Babson, GoldenTree et Oaktree devenant les nouveaux actionnaires de référence du groupe.

Le nouvel accord "s'accompagnera d'un renouvellement quasi intégral du conseil d'administration pour redonner une nouvelle dynamique à l'entreprise. L'accord unanime des créanciers nous permet d'éviter le placement de l'entreprise sous mandat", explique Patrick Puy.

Cessions en vue

Engagé dans un vaste plan de restructuration, Vivarte avait annoncé en janvier qu'il allait se séparer de deux de ses enseignes emblématiques: André (786 salariés) et Naf Naf (860 salariés), lançant en parallèle deux nouveaux plans sociaux (PSE) à la Halle aux chaussures et chez Vivarte Services. Cet été, le groupe avait déjà annoncé que Pataugas, Kookaï et Chevignon seraient vendus.

"Nos marques sont reconnues et elles suscitent de nombreux signes d'intérêts, y compris d'acteurs américains ou chinois", a déclaré le PDG, sans dévoiler l'identité des acheteurs potentiels. Selon lui, la cession de Pataugas "à un investisseur particulier" devrait être annoncée d'ici une quinzaine de jours. Pour Chevignon, Vivarte a reçu des marques d'intérêt de la part d'industriels et de fonds et "en Espagne, nous pourrons bientôt annoncer la vente de Merkal, à un industriel". "Concernant, enfin, Naf Naf et André c'est encore un peu tôt. Mais nous avons bon espoir car outre la qualité des marques, ces entreprises bénéficient de bons réseaux de magasins avec des emplacements premium en centre-ville", a-t-il ajouté.

"Le marché est difficile, mais quoi qu'il arrive, nous ne braderons pas les marques que nous vendons", a assuré M. Puy. "Avec la hausse de l'Ebitda (le groupe vise 120 à 140 millions en 2019, ndlr), mais aussi l'accord avec nos créanciers qui nous autorise à conserver 95 millions d'euros sur le fruit des cessions, nous aurons de quoi réinvestir" notamment dans "la modernisation de 200 points de vente, chez Caroll notamment" et dans l'ouverture de nouveaux magasins à l'international, ajoute-t-il. (AFP)

Photo: Vivarte