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Zadig & Voltaire va fortement renforcer son empreinte à l’international

By Odile Mopin

7 oct. 2021

Business

Zadig & Voltaire

La griffe fondée par Thierry Gillier a aujourd’hui 25 ans et dispose d’une place à part dans le paysage de mode contemporain. Justement parce qu’elle est l’une des premières à avoir occupé - inventé – cet espace, largement arpenté depuis par d’autres griffes premium, revendiquant univers et style affirmé. Une « dégaine » luxe et décontractée que l’on se compose en piochant dans un vestiaire « dur et doux », rock et romantique, mais toujours fluide, fait de cuir froissé, de cachemire « plume », de dentelles et de santiags.

Zadig & Voltaire vise les 550 millions

Rémy Baume, son dirigeant depuis tout juste un an, a une formule pour définir la griffe : « une spécialiste des produits stylistique » davantage qu’une « marque de mode ». Un nom force de proposition chez qui les femmes viennent se composer leur allure. Et bientôt, espère le dirigeant, les consommatrices de 15 à 25 ans, que Zadig & Voltaire veut conquérir. Le PDG de la maison a présenté hier le nouveau plan de croissance à son siège parisien, avenue Iena. Une première, Zadig & Voltaire étant d’ordinaire peu diserte sur sa stratégie comme ses résultats. Le volume d’affaires de l’exercice 2020-2021, clos fin juillet, s’élève à 359 millions d’euros pour un chiffre d’affaires consolidé à 292 millions d’euros. L’ambition du groupe est de monter à 550 millions d’euros pour l’exercice 2024-2025. Soit un très net coup d’accélérateur : + 88 pour cent.

Pour parvenir à cet objectif, quatre leviers de développement vont être mis en œuvre. A commencer par l’augmentation du réseau de boutiques, au nombre de 400 dans une trentaine de pays à l’heure actuelle. A l’horizon 2025, ce parc va croître de 36 pour cent, soit un objectif de 122 nouvelles vitrines en France et à l’international. Les nouvelles boutiques franchiront un cap avec des emplacements toujours premium, des univers mêlant mode et art contemporain, et des surfaces plus vastes qu’auparavant.

Un accent particulier va être mis sur la Chine où Zadig & Voltaire a l’intention de multiplier sa présence par dix. De 16 points de vente aujourd’hui et une forte présence sur Tmall, la griffe veut atteindre la soixantaine d’emplacements, tout en accroissant sa présence sur les réseaux sociaux et les plateformes d’e-commerce chinois. La société a repris en direct l’exploitation de ce marché, rachetant à son partenaire IT Group les 50 pour cent de la joint-venture qu’ils avaient montée ensemble. Une société en propre est ainsi créée, dirigée par Jean Lahire, ancien dirigeant de Delvaux en Chine et dotée d’un nom chinois, « Sadigué » phonétiquement. « Notre image, libre, nonchalante, décontractée est déjà bien perçue par nos consommateurs chinois fins connaisseurs de la France. Nous allons encore élargir son audience, notamment auprès des plus jeunes », explique Rémy Baume.

Rémy Baume

« Sadigué » est le nouveau nom de la griffe en Chine

Les Etats-Unis et l’Europe vont être parallèlement approfondis, avec le nouveau type de boutique que la griffe souhaite désormais installer : à l’instar de la vitrine de King’s Road à Londres, la première à avoir ouvert sous ce nouveau format. D’autres ont suivi récemment, à Istanbul, et Toulouse, tandis que Saint Barthélémy ouvrira en novembre. Aujourd’hui, la marque réalise 30 pour cent de son activité en France, 30 pour cent en Europe, 25 pour cent dans la zone Amériques et 15 pour cent en Asie, dont seulement 5 pour cent en Chine.

Autre levier de croissance, le digital. Avant la crise sanitaire, les ventes en ligne représentaient 15 pour cent de l’activité retail. Les confinements ont vu les ventes digitales multipliées par deux pour se stabiliser à 25 pour cent du chiffre d’affaires. Sous l’égide de Jonathan Attali au poste de directeur marketing et digital voici un an la marque ambitionne d’atteindre 30 pour cent du chiffre d’affaires généré en ligne d’ici 2025.

La stratégie « phygitale » va être intensifiée, l’objectif étant de fluidifier l’expérience client en boutiques et sur le web. Une expérience de marque globale, « sans couture » qui va se traduire notamment par un développement de la pré-commande dès le jour du défilé tout en maîtrisant plus justement la production. Ou encore un renforcement du service après-vente, perçu comme un nouveau point d’entrée pour faire de nouvelles propositions au client. L’accent va être également mis sur un storytelling plus en phase avec la Gen Z, s’inspirant du « live shopping » très prisé en Chine mêlant luxe et divertissement et défini par Rémy Baume comme du « showrunning ».

King's Road -Zadig & Voltaire

En ce qui concerne le produit, Zadig & Voltaire mise sur l’accessoire, comme toute marque de luxe qui se respecte. A commencer par la maroquinerie, les sacs, qui représentent aujourd’hui 35 pour cent du chiffre d’affaires. De nouveaux modèles vont venir renforcer cette offre qui vise à constituer la moitié des ventes de la griffe.

Enfin, le plan RSE a été structuré. Dans le cadre de sa stratégie VoltAIRe, la marque priorise ses efforts autour de la qualité de l’air, de la réduction de son empreinte carbone. Un programme qui passe par l’utilisation d’emballages écoresponsables, de matières certifiées et plus durables, des transports aériens limités. La marque explique travailler aujourd’hui avec « moins de cent fournisseurs », des partenaires de longue date, en Europe comme en Asie.