Christian Lacroix donne un coup de neuf au musée Cognacq-Jay à Paris

Le musée Cognacq-Jay à Paris, consacré au 18ème siècle, a fait appel à Christian Lacroix pour faire peau neuve avec un parcours revisité, mis en valeur par une exposition temporaire d'oeuvres d'artistes contemporains, conçue par le couturier. Ce musée, créé en 1928 à l'initiative du fondateur du grand magasin parisien la Samaritaine, Ernest Cognacq, n'avait pas modifié sa scénographie depuis son emménagement en 1990 à l'hôtel Donon, dans le quartier du Marais. Le musée rouvre mercredi après une fermeture de deux mois et demi pour effectuer des travaux et réorganiser le parcours de visite autour d'une dizaine de thèmes.

"Il fallait donner un petit coup de neuf", a commenté la directrice, Rose-Marie Mousseaux.

Les tapis et couleurs des murs sont signés Christian Lacroix, qui avait déjà collaboré notamment avec le musée Réattu d'Arles. Le designer, qui a perdu sa maison de couture en 2009, travaille désormais principalement sur des costumes de spectacles. Dans le cadre d'une "carte blanche", jusqu'au 19 avril, le couturier-commissaire a choisi une quarantaine d'artistes contemporains, dont les oeuvres se juxtaposent avec les pièces de la collection permanente du musée. "Ce qui me passionnait dans le projet, c'était cet engouement qui, vers la fin du 19e et au début du 20e, avait poussé les collectionneurs à aller vers le 18e. Même la mode était complètement imprégnée de 18e", a-t-il expliqué. "Je ne suis pas un conservateur, je ne suis pas un scientifique, je suis un décorateur, qui s'intéresse beaucoup aux costumes et à l'histoire de la mode et des arts appliqués", a-t-il ajouté.

Un costume de scène réalisé par Christian Lacroix pour l'opéra Adrienne Lecouvreur trône dans la salle consacrée au spectacle. Une sculpture flashy en résine aimantée de Bernard Quesniaux fait écho à des costumes d'Arlequin et Colombine du palais Galliera. Plus loin, dans une partie consacrée aux thèmes de l'enfance et de l'éducation, des statuettes en porcelaine de Meissen côtoient dans une vitrine une Barbie collector. A un portrait de 1776 de Louis Antoine de Bourbon, duc d'Angoulême, répond une scène contemporaine: une fillette soulevant son oreiller après le passage de "la petite souris", oeuvre de la photographe Véronique Ellena. La dernière salle, la plus vaste, dans les combles, est consacrée à la littérature. Au total, 20 pour cent de la collection permanente du musée est exposée, explique Rose-Marie Mousseaux. Certaines oeuvres, notamment des tapisseries et le mobilier, doivent être restaurées. (AFP)

Christian Lacroix donne un coup de neuf au musée Cognacq-Jay à Paris