Exposition « Azzedine Alaïa et l'Afrique » : des racines, du fil et des ailes
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L’exposition « Azzedine Alaïa et l’Afrique », qui se tient jusqu'au lundi 4 janvier 2027, montre les liens qui unissent le couturier Azzedine Alaïa et le continent africain.
D’origine tunisienne, Azzedine Alaïa a été naturalisé français en 1989, la même année que sa participation au bicentenaire de la Révolution française. Cette distinction était d’ailleurs, dixit Olivier Saillard, directeur de la fondation Azzedine Alaïa et commissaire de l’exposition, son plus grand honneur.
Néanmoins, le couturier a toujours fait vivre les traces de son passé à travers ses collections. C’est précisément cet héritage que retranscrit l’exposition. « Azzedine Alaïa et l'Afrique ». Elle met en lumière ses souvenirs d’enfance en Tunisie, des références à l’Afrique du Nord et à l’Afrique subsaharienne, l’Égypte antique et un voyage au Kenya.
Parmi ses inspirations : les moucharabiehs – claustras ajourés qui filtrent la lumière – sont réinterprétés sur du textile ou du cuir ; les façades blanchies à la chaux de Sidi Bou Saïd – où il est d’ailleurs enterré – sont évoquées à travers l’utilisation de coton blanc ; ou encore la Maryoul Fadhila – reconnaissable à ses fines rayures – réinterprétée dans de longues chemises rayées.
Alaïa s’est également intéressé à l’imaginaire de l’Égypte et à l’art de la momification. Ces recherches ont nourri son travail de coupe et ont permis la création de ses iconiques robes bandelettes.
De la Tunisie au Kenya, Alaïa a tissé le fil de la mémoire africaine
Côté matière, pour dérouler l’imaginaire africain, Alaïa a utilisé du raphia, de la ficelle, des broderies, des coquillages et des cauris. Côté palette de couleurs, il a fait référence aux paysages subsahariens avec des teintes sable et des rouges intenses.
Créées par Kris Ruhs, les peintures qui accompagnent le parcours de l'exposition dialoguent avec les œuvres d'Azzedine Alaïa, créant une scénographie où l'art et la mode se répondent.
Enfin, le premier étage de la fondation Azzedine Alaïa présente une série de photographies de Peter Beard, réalisées lors d’un voyage en territoire maasaï. Une façon mémorable de faire comprendre aux visiteurs tout ce que les costumes tribaux ont à apprendre aux Occidentaux.
Les clichés attestent de l'enthousiasme et de l'émotion avec lesquels le couturier revint de ce séjour, dont il évoquait, longtemps après, la fondamentale impression.
« Les Masaï ont une manière de marcher très lente, très régulière, un peu à la manière des girafes. La même démarche qu'on retrouve chez Naomi Campbell ou Iman. J'avais l'impression que ces gens marchaient depuis les premiers jours du monde et qu'ils ne s'étaient jamais arrêtés », Azzedine Alaïa, interview Elle magazine, 1996.
À noter que les États-Unis vont consacrer, à San Francisco, la première rétrospective américaine au couturier disparu le 18 novembre 2017, à l'âge de 77 ans, à Paris.