« Look ! 40 ans de mode au musée » au MAD : la valorisation passe aussi par la conservation muséale
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Comment un vêtement ou un accessoire de mode devient-il une pièce de musée ? C’est la question à laquelle répond le musée des Arts décoratifs avec l’exposition « Look ! 40 ans de mode au musée ».
Présentée jusqu’au 4 avril 2027, elle célèbre les quarante ans du musée des Arts de la Mode. Au-delà des pièces exposées, elle permet de comprendre très concrètement comment un musée constitue et enrichit ses collections.
En 1986, au sein du MAD, est créé le musée des Arts de la Mode. Il réunit et présente les collections de mode et de textile. Au fil du parcours de « Look ! 40 ans de mode au musée », le visiteur réalise que collectionner la mode n’est pas juste accumuler des belles robes, mais effectuer des choix destinés à construire et transmettre une histoire de la mode.
L'exposition explique comment les équipes documentent, conditionnent en réserves, restaurent, préparent les pièces destinées à être transmises.
Ainsi, à titre d’exemple, la veste Yves Saint Laurent haute couture automne-hiver 1980-1981 met en évidence la collaboration avec la créatrice textile Andrée Brossin de Méré. Le motif d’iris provient d’un textile antérieur : Saint Laurent le reprend, les fleurs étant découpées puis appliquées sur le cuir.
Studio de création, choix des matières, patronage, moulage, finitions, défilés ou encore éditoriaux de mode : l’exposition décrypte les différentes étapes du processus de création et ponctue son parcours par les pièces emblématiques recueillies par le musée.
Au fil des décennies, les expositions témoignent de l’évolution du regard porté sur la mode. En 1989, « L’Étoffe des héros » s’intéresse au vêtement masculin. En 1997, « Géométrie » inaugure le musée de la Mode et du Textile, nouvelle appellation de l’institution dédiée à la mode au sein des Arts décoratifs. En 2013, « La Mécanique des dessous » explore les artifices utilisés, du XIVᵉ siècle à nos jours, pour modeler le corps et la silhouette.
De manière pragmatique, l'exposition décrit la mécanique d'enrichissement des collections
- Donation
Une personne peut offrir gratuitement une œuvre de son vivant. Ce geste peut se faire de la main à la main (don manuel) ou par un acte officiel devant un notaire (donation notariée).
Le donateur peut choisir de donner l’œuvre avec effet immédiat ou d’en transférer la propriété tout en conservant l’usage jusqu’à sa mort (donation sous réserve d’usufruit).
Les dons peuvent provenir du propriétaire, d’une entreprise ou d’une association et peuvent, sous certaines conditions, ouvrir droit à des avantages fiscaux.
- Legs
Une personne décide, de son vivant, de léguer tout ou partie de ses œuvres au musée après son décès.
- Dation en paiement
L’œuvre sert directement à payer certains impôts, comme les droits de succession, de mutation ou l’impôt sur la fortune. Une commission de dation décide de l’intérêt et de l’estimation de l’œuvre qui est remise à l’État en règlement de la dette fiscale.
- Trésor national ou œuvre d’intérêt patrimonial majeur
Pour empêcher une œuvre de sortir du territoire français, l’État peut la classer au titre de trésor national, dans le but de l’acquérir et de la protéger.
- Achat de gré à gré
Il s’agit d’un achat classique entre le musée et un vendeur. Il peut être un particulier, un collectionneur, un galeriste, un antiquaire ou directement l’artiste.
- Achat en vente aux enchères publiques
Le musée peut acheter une œuvre lors d’une vente ouverte au public. Lors d’une vente aux enchères publiques, l’État peut exercer un droit de préemption pour le compte d’un musée public : il se substitue au dernier enchérisseur et acquiert l’œuvre au prix de l’adjudication.