Ateliers de Paris : une nouvelle génération de créateurs engagés rejoint l'incubateur

Mode
Adeline Rappaz (Rappaz) sur le showroom Run Credits: Tropbadass
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La promotion des nouveaux résidents mode des Ateliers de Paris, rentrée 2026, réunit des profils qui associent leur démarche créative à des choix plus responsables en termes de sourcing matières.

Suite à l'appel à candidatures lancé en mars dernier, treize nouveaux porteurs de projets, dont cinq du secteur mode, ont été sélectionnés pour rejoindre l'incubateur Les Ateliers de Paris en septembre 2026. Ils et elles bénéficieront d'un atelier et d'un accompagnement personnalisé pour une durée d'un an renouvelable une fois.

Focus sur Sang Soh (Paraboloïde), Coralie Druart (Prestesse), Jude Ferrari (Maison J.Simone), Joachim Meuleau (Aïdama) et Adeline Rappaz (Rappaz).

Des matières circulaires, durables et une production de proximité

30 à 40 % des collections de Maison J.Simone sont réalisées à partir de matières issues de l’upcycling. Jude Ferrari chine des vêtements et textiles de seconde main, qu'elle démonte puis réinterprète pour créer de nouvelles pièces.

Joachim Meuleau pour Aïdama confectionne ses vêtements à partir de stocks dormants.

Adeline Rappaz revendique une fabrication artisanale où chaque pièce dépend des matériaux récupérés : jeans, dentelles, anciennes, nappes, boutons, bijoux, etc.

Coralie Druart pour Prestresse privilégie des tissus conçus pour être doux et durables. Elle développe notamment des modèles en fibre d'algue SeaCell, un textile à base de cellulose de bois et d'algues marines, en Tencel et en coton biologique.

Deux des cinq marques revendiquent un ancrage géographique de leur production : Aïdama confectionne l'ensemble de ses collections en Île-de-France, tandis que Maison J.Simone les fait fabriquer en Europe.

Des univers esthétiques et identités de marques déjà très affirmés

Leurs expériences s’appuient sur des parcours déjà professionnalisés : Sang Soh est passé chez Lanvin et Givenchy ; Jude Ferrari a travaillé chez Jacquemus et Zara ; Adeline Rappaz a remporté le Prix du public du Festival international de mode de Hyères en 2021 ; Coralie Druart est notamment passée par Dior, Yiqing Yin et Casa93.

Paraboloïde puise dans la photographie underground des années 1970 (Robert Mapplethorpe, Peter Hujar) pour créer des silhouettes sculpturales, entre romantisme et fétichisme.

Maison J.Simone revendique un « absurde chic », mêlant pop culture, couleurs vives et humour. La créatrice défend une mode plus inclusive,qui célèbre les corps dans leur diversité.

Rappaz fait dialoguer romantisme, punk et artisanat à travers des tenues poétiques et décalées, mues par l'univers végétal.

Aïdama développe un vestiaire unisexe, ajustable et en taille unique. Il privilégie des lignes épurées inspirées des vêtements traditionnels asiatiques.

Prestesse adopte une esthétique plus discrète, où le confort et le rapport au corps l’emportent sur l'effet de mode. La créatrice envisage le vêtement comme une « seconde peau », en faisant le parallèle avec les cosmétiques.

Sang Soh est le seul qui construit aujourd'hui son identité principalement autour d'un langage esthétique et artistique, alors que les autres mettent davantage en avant une démarche environnementale, un modèle de production ou une réflexion sur les usages du vêtement. C'est ce qui le distingue au sein de cette promotion.

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