De l’artisanat latino-américain au marché international : le pari de LATAM Fashion Circle
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Comment transformer l’héritage des savoir-faire artisanaux latino-américains en une offre susceptible de trouver sa place sur le marché international ? C’est le challenge que s’est fixé Dan Silva lorsqu’il a imaginé son projet LATAM Fashion Circle. Un projet devenu réalité.
À la question de savoir pourquoi il a nommé son événement LATAM Fashion Circle, il répond à FashionUnited : « LATAM, c’est pour latino-américain, et Circle car je pense que la mode se construit autour de cercles d’entraide. J’ai imaginé cette initiative avec l’idée d’avancer ensemble, groupé ».
En pleine Fashion Week Paris, il réunit onze marques venues du continent sud-américain au cœur du Marais (16 rue de Turenne), épicentre de la mode à Paris.
Les marques présentes au showroom sont majoritairement colombiennes : Anca Ravelo, Antoine Atelier, Faride Ramos, La Petite Mort, Laura Aparicio, Patricia Acosta, Paula Mendoza WomaJewelry.
Mais la sélection comprend également deux Argentines – Cachí et Kostüme – et une Brésilienne, Argalji.
La Petite Mort et Antoine Atelier : deux expressions contemporaines de l’artisanat colombien
Fondé par Andrés Durán et Jonathan Cortez, La Petite Mort fait se rencontrer le tailoring et le tissage artisanal colombien.
Le studio s'inscrit dans une dimension sociale avec la revendication d'une production réalisée entièrement en Colombie par des couturier(e)s et artisans locaux, notamment des personnes âgées en situation de vulnérabilité, auxquelles la marque dit vouloir garantir des conditions de travail dignes.
Après avoir travaillé dans la chaussure et la maroquinerie pour des marques industrielles, Patricia Bueno s'est détournée de la production de masse pour fonder Antoine Atelier.
Désormais, elle développe des pièces fabriquées à la main par des artisans colombiens. Fibres végétales et techniques artisanales traditionnelles sont retravaillées par le design, la déconstruction et la customisation pour en faire des accessoires contemporains.
Son travail est porté par des images sophistiquées qui s’approprient les codes de la mode internationale pour y inscrire un imaginaire résolument exotique.
L’idée maîtresse est de faire émerger des marques encore inconnues en Europe
« Quand on demande à la plupart des professionnels : “Est-ce que vous connaissez des marques latino-américaines ?”, la majorité ne sait même pas qui nommer, explique Dan Silva. Au mieux, ils citent la créatrice vénézuélienne Carolina Herrera ou encore le Colombien Esteban Cortázar, qui a été directeur artistique d’Ungaro. Mais ça s’arrête là ».
« À travers cette organisation, je veux donner aux designers la possibilité de pouvoir parler aux acheteurs multimarques mais également de prendre la température de la clientèle occidentale qui se réunit à Paris à l’occasion de la Fashion Week », ajoute-t-il.
De fait, sa formule est un mix entre rendez-vous BtoB (les 1ᵉʳ et 2 octobre) et BtoC avec une ouverture au public le week-end du 3 et 4 octobre 2026.
À noter que cette première édition bénéficie du soutien de ProColombia, l'agence chargée de promouvoir les exportations et l'internationalisation des entreprises colombiennes, dans le cadre d'une stratégie plus large visant à mettre en relation les marques sud-américaines avec des acheteurs, distributeurs, retailers et autres acteurs des marchés internationaux.