Émeline Rigault, Manon Boric ou Paloma Raitif : le Festival de Dinan 2026 entre audace et réalisme
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Émeline Rigault, Manon Boric, Paloma Raitif : le Festival des jeunes créateurs de Dinan 2026 distingue une génération mode entre audace stylistique, prêt-à-porter et perspectives commerciales.
487 prétendants, dix finalistes, neuf prix : la trentième édition du festival des jeunes créateurs de Dinan, qui s'est déroulée les 9 et 10 octobre 2026, a cultivé ce qui fait sa différence en récompensant des créateurs alignés sur leurs valeurs.
Loin de l'entre-soi des rendez-vous parisiens, le festival, présidé par Dominique Damien Rehel, a célébré une jeune création appelée à rencontrer le grand public. Soutenu par des acteurs de l'industrie et de la distribution de mode, il rappelle qu'entre les podiums et les boutiques, la mode doit aussi trouver son marché.
Le festival des jeunes créateurs de Dinan tend à s’ancrer dans une réalité populaire, celle d’un prêt-à-porter accessible, en phase avec la réalité du pouvoir d’achat de la majorité des consommateurs français.
Cette réalité, on la retrouve à travers un signal fort : le soutien du groupe Beaumanoir, entreprise bretonne, propriétaire de plus de vingt enseignes emblématiques de la mode française abordable : Jennyfer, Caroll, Cache Cache, Bonobo, Morgan, La Halle, Quiksilver, Sarenza pour n’en citer que quelques-unes.
Des marques susceptibles de correspondre à une demande qui a vite fait de se tourner vers la fast fashion internationale, faute d’alternative bleu blanc rouge.
Beaumanoir distingue Manon Boric avec le prix Caroll
Le prix Caroll revient à Manon Boric, créatrice de la griffe Abrahmi. Formée à l’IFM puis à l’AICP (pour apprendre la technique), la jeune créatrice utilise essentiellement des matières naturelles : lin et coton biologique.
Volumes aux asymétries innovantes, étoffes qui enveloppent, à la manière de capes ou de cocons, les épaules, le buste ou les hanches, son esthétique ouvre la voie à un tailoring déconstruit. Elle libère autant qu’elle protège.
La palette minérale, dominée par le sable, le beige, le gris et l'écru, renforce l'impression de confort et de douceur. Manon Boric aura l’occasion de dessiner une capsule pour la marque Caroll.
Le Grand Prix est attribué à Émeline Rigault
Cette jeune créatrice, issue d'Esmod, illustre une autre facette du festival de Dinan. Celle d’une certaine exubérance, incarnée par D. Damien Rehel, entre mise en lumière de jeunes pousses de la mode, culte de la célébrité et montée des marches sur tapis rouge sous les regards et applaudissements de la foule dinanaise.
La trentième édition a permis de se remémorer, à travers des séquences filmées, les figures légendaires invitées au festival : Paco Rabanne, Chantal Thomass, Lolita Lempicka mais aussi Adriana Karembeu, feu Bruno Salomone et les bouclettes de Magloire, espiègle présentateur de la cérémonie de remise de prix.
Improbable mélange des genres, l’édition 2026 a reçu l'animatrice TV culte des années 70 Danièle Gilbert, une chanteuse variété des années 80 (Sloane - Besoin de rien, Envie de toi), Miss France 2026 ou encore de jeunes artistes issus de la Star Academy dont Victor.
C’est sans doute cet esprit festif et populaire qui a inspiré le jury pour le Grand Prix Dinan 2026 remis à Émeline Rigault. Pour « Matière Noire », sa collection de fin de bachelor chez Esmod, Émeline Rigault a composé sept silhouettes futuristes, qui évoquent une parade militaire gothique, notamment à travers une veste à brandebourgs.
Entre volumes sculpturaux et fantaisie stylistique, Émeline Rigault signe une vision d'une couture théâtrale.
Le prix See and Like du jury revient à Paloma Raitif
Ce nouveau prix initié par la FNH, doté de 1 500 euros, a pour objectif de tirer un trait d’union entre la jeune création et les boutiques multimarques indépendantes.
Paloma Raitif, sortie d’Esmod, a développé sept pièces utilitaires entre vêtement de travail, uniforme et sportswear, composé de combinaisons, vestes fonctionnelles, bermudas amples, le tout dans des looks assez féminins.
Le choix d’un imprimé unique, le camouflage militaire, en plein dans la tendance saisonnière, permet d’imaginer une capsule facilement commercialisable. Comme quoi le grand public continue d’aimer la mode pourvu qu’on lui délivre ce dont il a besoin.
Le Prix Texpertise Sustainability est attribué à Frida Scheler
Last but not least, le prix de la mode durable, remis par Claudia Franz (Messe Frankfurt), salue la démarche de la jeune créatrice Frida Scheler sur laquelle FashionUnited aura peut-être l’occasion de revenir.
Que sont devenus les anciens lauréats du Festival des jeunes créateurs ?
C’est la question à laquelle répond D. Damien Réhel en invitant Manix Wong (Laclos) et Ken Okada à défiler sur le podium du Théâtre des Jacobins. Tous deux ont été distingués dans le cadre du festival de Dinard (ex-Dinan), avant de développer durablement leur activité de créateur à Paris.
Autre exemple de progression rapide, Julien Paoletti, lauréat du Grand Prix et du Prix écoresponsable du festival de Dinan en 2025, a présenté ses collections à la Fashion Week de Paris en mars et octobre 2026. FashionUnited en avait d’ailleurs été témoin.
Les autres récompenses :
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Prix Royal Mer : Hombeline Pinault
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Prix Beaumanoir du savoir faire et de la création : Émeline Rigault.
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Prix Pierre Cardin : Clara Thevenet
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Prix Texpertise Network : Dune Clement George et Téa Habre