Fashion Tech : le bio-sourcing est - il l’avenir de la mode ?

Le sourcing durable et les enjeux éthiques sont au centre des questionnements des acteurs de la mode. Dans un contexte où les matières dites “propres” peuvent être naturelles, locales, recyclées ou upcyclées, le bio-sourcing, encore balbultiant, est une tendance qui émerge. L’année dernière, le salon Avantex , qui présente les dernières avancées de la Fashion Tech au sein de Texworld, a même construit une thématique centrale, présentant des startups focalisées sur ces technologies encore mal connues, mêlant recherches hi tech et écologiques. Smart Creation, l’espace dédié aux innovations technologiques dans la mode s’est également emparé du sujet. Explication et revue des principaux acteurs, entre rencontres sur les salons spécialisés et éclairage du blog Textile Addict.

Le bio-sourcing, c’est quoi ?

C’ est la symbiose de l’innovation et de la biologie, qui met les biotechnologies au service de la mode et de la création textile. Le travail se décline sous forme de traitement de matériaux naturels et biodégradables, transformés en matière propre ou bien développées grâce à la bio-fabrication en laboratoire. Soit utiliser des micro-organismes vivants, comme la levure, les algues, les protéines et les bactéries, et mettre au point des cellules qui se reproduisent pour former un support transformable en textile: fibres, fils, tissus et bio - polymères, explique Aude Penouty dans Textile Addict.

Le procédé est déjà utilisé en recherche médicale et en impression 3D. Dans la mode, Suzanne Lee fait figure de pionnière avec sa «bio-couture». L’art de faire “pousser” des vêtements, en cultivant des levures et des bactéries. Cette matière première deviendra une cellulose travaillable en textile.

Fashion Tech : le bio-sourcing est - il l’avenir de la mode ?

Les atouts du bio-sourcing

Sans conteste, c’est une alternative durable qui plus est biodégradable. Il permet aussi dans le cas de récolte de déchets agricoles, de valoriser des matières premières vouées au rebut, ce qui apporte une source supplémentaire de revenus aux cultivateurs. Le procédé en laboratoire de la bio-fabrication évite des pesticides hasardeux et offre un meilleur contrôle des étapes de fabrication à l’instar de la : teinture Spiruwheel de Atelier Sumbiosis). Enfin les biotechnologies ont des bénéfices de performance et de bien-être adaptables aux exigences du sport et de la lingerie, expliquait le forum «bio sourcing» très didactique d’Avantex.

Focus sur quelques produits et startups pionnières

Adidas , en partenariat avec la compagnie allemande de biotechnologie AMsilk, Adidas a dévoilé le prototype d’une basket 15 pour cent plus légère qu’une chaussure traditionnelle et totalement biodégradable, en fibre de soie Bui Steel inspirés de fils de l’araignée. AMsilk a réussi à synthétiser une fibre de soie présentant les mêmes propriétés que la soie d’araignée.La chaussure Adidas est conçue entièrement à partir de BioSteel et de biopolymères.

Open Bio Fabric, présentée sur Avantex, est une communautée fondée par Sabrina Maroc, qui promeut et appui la bio-fabrication. Inspiré par le travail de Suzanne Lee, OBF a inventé des systèmes de production de cellulose bactérienne qui, combinés au savoir faire des biotechnologies, accompagne les entreprises pour développer les matériaux du futur. Fashion Tech : le bio-sourcing est - il l’avenir de la mode ?

Atelier Sumbiosis, également venu faire la démonstration de son savoir-faire sur le salon de la Fashion Tech de Texworld en septembre 2019, est un laboratoire de recherche français, à la croisée des savoir-faire textile, de la science et du design crée par Tony Jouanneau qui travaille sur l’ennoblissement textile, via la teinture ou le dévoré par exemple. En 2019, l’atelier Sumbiosis a été sélectionné par la Fondation d’entreprise Hermès pour leur programme «Académie des Savoir-Faire».

On peut également citer, selon Textile Addict, Bolt Thread, une entreprise spécialisée dans l’innovation des matériaux, qui fabriques des alternatives à la soie et au cuir (Microsilk, Mylo) à base de champignons et de proétines, encore fois présentes dans les fils de toiles d’araignées. La start-up a convaincu Adidas et Stella Mc Cartney qui ont utilisé ces matériaux, qui sont biodégradables de surcroît.

Agraloop enfin, pour conclure ce tour d’horizon, a reçu les prix “Global change Award” de la Fondation H&M pour l’Innovation en 2018. Ses innovations ont été présentées l’année dernière au sein de l’espace Smart Creation de Première Vision.Objectif, donner une seconde vie aux déchets agricoles (écorce de cannes à sucre, feuilles d’ananas, graine de chanvre…) en les régénérant pour produire une fibre proche du coton.

L'article de Textile Addict : https://textileaddict.me/mode-et-textile-le-bio-sourcing/

Crédit: Adidas, Sumbiosis, Open Bio Fabric

 

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