Haute Couture hiver 2026 : Daniel Roseberry réconcilie Schiaparelli avec le monde animal

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Schiaparelli Haute Couture hiver 2026 Credits: Schiaparelli
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Haute Couture Week hiver 2026 : pour son défilé, Daniel Roseberry, directeur artistique de Schiaparelli, réinvente son rapport aux animaux, désormais célébrés comme sources d'inspiration plutôt que comme sources de matières premières. Habité par l’esprit animal, le créateur fait entrer la maison dans un imaginaire marin, sculptural et non prédateur.

En trois collections, Daniel Roseberry est passé de la représentation hyperréaliste d'animaux terrestres, qui avait fait polémique (La Divine Comédie, printemps-été 2023), à l'abandon des matières animales (The Agony and the Ecstasy, Haute Couture printemps-été 2026-2027), pour s’inscrire dans une représentation onirique et (presque) cruelty free.

Pour « L'Appel du Vide », présenté le 6 juillet 2026 au Petit Palais, Daniel Roseberry explique avoir d'abord tenté de reproduire le processus créatif de la saison précédente. Il y a finalement renoncé pour faire de l'incertitude un moteur de création.

Schiaparelli Haute Couture hiver 2026 Credits: Schiaparelli

Il revendique une création fondée sur l'intuition, l'accident et l'inconnu, dans l'esprit d'Elsa Schiaparelli.

Pour l’automne-hiver 2026-2027, l'imaginaire se déplace vers le monde marin : tentacules, coquillages, anémones, écailles, couleurs inspirées de la faune aquatique (rose homard, menthe pâle, écru ciré, etc.) et formes organiques.

Schiaparelli Haute Couture hiver 2026 Credits: Schiaparelli

Comme si les animaux, longtemps convoqués sous la forme de trophées ou d'ornements, revenaient sous une forme abstraite mais bien vivante, presque protectrice. Comme si l’esprit animal avait pris possession du créateur pour lui permettre de magnifier son monde sans le détruire.

Quand la main de l’homme se retient d’utiliser des matériaux d’origine animale

Schiaparelli Haute Couture hiver 2026 Credits: Schiaparelli

Inspirée par les créatures sous-marines, la collection automne-hiver 2026/2027 associe les techniques de la haute couture à des matières qui ne volent (presque) rien aux animaux : latex, silicone, fleurs naturelles ou en ruban.

Schiaparelli Haute Couture hiver 2026 Credits: Schiaparelli

Cependant, Daniel Roseberry n’est pas dans une démarche purement végane puisqu'il continue d'utiliser au moins une matière animale : les écailles de poisson.

La technicité se retrouve dans la création de nouveaux tissus et matériaux spécifiquement développés pour la couture : bustier hyperréaliste sculpté, puis coulé en silicone et peint, robe construite avec des tubes de crinoline sculptés ou encore tentacules cinétiques en latex intégrés à certaines silhouettes.

Schiaparelli Haute Couture hiver 2026 Credits: Schiaparelli

Le savoir-faire des ateliers est présenté comme la condition permettant ces expérimentations techniques. Daniel Roseberry affirme que le véritable luxe de la couture réside avant tout dans le travail des mains. Et quand la main humaine ne tue pas, elle crée.

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