Maintenant que le terme officiel de la taxe sur l’importation de chaussures de l’UE a expiré, la discussion sur les modalités futures de ce règlement bat à nouveau son plein. En Europe du Nord, toutes les parties sont unanimes : cette taxe doit être supprimée. En Europe du Sud, elles le sont également : cette taxe doit être conservée. Le sort de cette taxe repose donc entre les mains des pays d’Europe centrale et orientale.

Depuis 2006, l’UE applique une taxe de 16,5 pour cent sur le prix d’importation des chaussures chinoises et de 10 pour cent sur celui des chaussures vietnamiennes. Ce règlement avait été mis en place en raison de l’augmentation fulgurante des importations de chaussures chinoises en 2005. En effet, cette année-là, les restrictions commerciales introduites en 1995 furent partiellement levées. Cette mesure antidumping fut mise en place pour protéger les fabricants de chaussures de l’UE contre l’arrivée croissante de chaussures asiatiques sur le marché.

Le règlement prit fin en 2008, mais fut prolongé d’un an après une discussion européenne. Selon le journal belge « De Standaard », il serait possible qu’il en soit de même cette fois-ci. Le journal fait référence à un document de la Commission Européenne ayant filtré et qui précise que les fabricants de chaussures européens souffriront de la levée de cette mesure « à court ou moyen terme ». C’est pourquoi il leur est accordé plus de temps pour s’adapter. Parmi les défendeurs du maintien du règlement, il y a l’Italie, l’Espagne et le Portugal.

Au Benelux, les organisations sont au contraire opposées à cette taxe. L’organisation interprofessionnelle, Mitex, considère que « Les Pays-Bas vivent précisément du commerce » et le Conseil néerlandais des détaillants estime que « La mesure restreint le choix du consommateur, engendre une augmentation du prix des chaussures en cuir et est à l’origine de pertes d’emplois ». Les autorités allemandes sont elles aussi vivement opposées à la mesure. D’une part, parce que le pays n’a pas d’industrie de chaussures et, d’autre part, parce que tant les principaux détaillants que les grandes marques – Adidas et Puma – importent leurs produits d’Asie.

Eurocommerce, l’organisation interprofessionnelle européenne du commerce, a elle aussi récemment rejoint le camp des opposants. « Les chaussures pourront devenir moins chères si la taxe de l’UE sur l’importation de chaussures chinoises et vietnamiennes disparaît », affirmait Xavier Durieu, le Secrétaire Général de l’organisation. Selon lui « La prolongation de la taxe sur l’importation diminue le pouvoir d’achat et nuit donc au rétablissement économique en Europe ». Les commerçants chinois considèrent que la taxe sur l’importation est une mesure protectionniste visant à protéger les fabricants de chaussures européens et il est donc évident qu’ils s’y opposent, bien qu’ils n’aient pas leur mot à dire. En outre, la Suède, la Grande-Bretagne, le Luxembourg, le Danemark et la Finlande sont opposés à cette taxe.

Ce qui est ironique, c’est que le sort de la taxe n’est pas entre les mains des pays ayant une position claire dans la discussion. Ce sont les pays qui sont incertains de leur vote qui devront faire pencher la balance. Si ces pays ne votent pas pour la suppression, cela implique qu’ils votent pour la conservation de la mesure. Parmi les pays qui sont indécis sur l’avenir de la taxe, il y a l’Autriche, la Slovénie, Malte, Chypre, la France et plusieurs pays d’Europe de l’Est.

Actuellement, une étude est menée pour analyser les effets de la suppression de la taxe. Les pays de l’UE décideront de l’avenir de la taxe dès que cette étude sera terminée, soit probablement vers la fin de cette année. Tant que l’étude est en cours, la taxe reste en vigueur.

 

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