Je voulais seulement pouvoir surfer plus longtemps,

était la réponse de Jack O’Neill lorsqu’on lui demandait ce qui l’avait mené à l’invention du wetsuit en 1952. Près de 60 ans plus tard, les meilleurs surfeurs sur vague, planchistes et kitesurfers belges ont pu pourfendre les eaux froides du Danemark pendant des heures grâce à cet homme. La troisième édition du O’Neill The Crowning a entraîné plus de 160 fanas de surf vers un site exceptionnel : Klitmøller, le ‘cold Hawaii’. Saartje Vandendriessche était de la partie. Elle a pu se rendre compte que les combinaisons de O’Neill remplissent leur rôle : Le surf est chouette et rafraîchissant !

Saartje Vandendriessche : Le surf est plus difficile que je ne pensais, j'y suis pourtant arrivée les doigts dans le nez, ou plutôt l'eau dans le nez..

La troisième édition de cet événement grandiose s’est clôturé sous la devise dernière édition, meilleure édition  grâce aux bonnes vagues, au vent tout juste suffisant et au nombre quasi infini de disciplines qui sont passées en revue. Jamais la fête n’a été plus complète, jamais toutes les disciplines de surf n’étaient aussi présentes. L’endroit peu évident représentait l’arène parfaite pour cet événement de fun , permettant aux meilleurs surfeurs de se mesurer de façon différente. La bande s’est donnée en spectacle lors de la Battle for the Best  exceptionnelle.

Bain à bulles et paysage lunaire

Le lundi 5 avril, une caravane de quatre autocars et plusieurs Volvo emmène plus de 160 passagers et leur montagne de matériel de surf vers le nord du Danemark. Les fanas du surf y seront logés dans dix-neuf maisons de vacances éparpillées entre les dunes. Le Danemark est le pays par excellence des maisons de vacances. Dans aucun autre pays européen peut-on louer une maison près de la plage pour quelques jours aussi simplement à si bon prix.  Nous disposons tous d’un jacuzzi et d’un bain à bulles, on préférerait presque rester à l’intérieur , rigole la surfeuse Lynn Duyvejonck. La beauté des dunes environnantes est stupéfiante. Elles font souvent penser à un paysage lunaire habillé d’oyat vert-jaune et d’arbustes tachetés de brun. Les plages sont désertes, les forêts appartiennent aux cerfs.

Une beauté norvégienne semble être à la base de la reconnaissance de la région en tant que mecque du surf. Son ami danois était en route vers le ferry qui devait l’emmener chez sa bien-aimée. Le bateau ne pouvant prendre le large à cause d’une forte tempête, le planchiste danois décida d’explorer la côte. Il découvrit alors Klitmøller et se rendit immédiatement compte du potentiel de la baie. Il y retourna avec son matériel de surf et était follement enthousiaste des vagues. La nouvelle se répandait à grande vitesse. Les planchistes Allemands étaient de plus en plus nombreux à se diriger vers le nord, de nombreux événements réussis suivirent, ainsi que les kitesurfers et surfeurs sur vague. Le vent incessant et les vagues conféraient rapidement le nom de ‘cold Hawaii’ à la région. À partir de 2010, Klitmøller se retrouve à nouveau sur le calendrier du championnat du monde de la planche à voile, après quelques années d’absence, ce qui prouve bien que Klitmøller fait partie des meilleurs sites de surf au monde.

Les Danois ne disposent que de 43.000 kilomètres carrés de superficie, mais peuvent profiter de 7300 kilomètres de côte, d’innombrables fjords et de plus de 1000 lacs. Au Danemark, on n’est jamais éloigné de plus de 55 kilomètres de la côte. Tout semble indiquer que l’endroit est idéal pour un événement de surf, ce qui se confirme lors du premier jour. Les participants sont impatients de pouvoir mesurer la température de l’eau. Ils ont pu gagner leur ticket gratuit tous frais payés sur les podiums des championnats belges, lors d’autres événements ou en participant à un concours organisé sur Facebook. Les compétitions ne sont pas les classiques manches de quelques riders qui peuvent ainsi monter en finale, mais des sessions de surf libres lors desquelles tous les participants se concentrent sur par exemple des sauts, des tricks sur les vagues, ou tout simplement s’écraser sur les vagues ! Le surf, c’est avant tout le fun. C’est pourquoi The Crowning veut permettre à tout le monde de passer le plus possible de temps en mer, sans devoir attendre vainement les conditions parfaites.

Saartje n’a pas peur du froid

Notre guide de surf local emmène les surfeurs sur vague par les dunes à quarante kilomètres au sud du camp de base. Sa connaissance de la région apparaît évidente après une courte promenade : de belles vagues se trouvent derrière un brise-lame ! Matt Marcantuoni, un des teamriders O’Neill, est le premier à se jeter dans l’eau froide, sans avoir pris la peine de mettre un capuchon.  Ce truc trouble mon équilibre, et je m’attendais à une eau plus froide , rigole le jeune homme. Le surfeur vedette Niels Musschoot a tout appris à Fuerteventura, où habite son père. C’est la première fois qu’il s’emballe complètement dans le néoprène chauffant. Pas une goutte d’eau n’entre dans ma combinaison. Je n’ai donc pas froid . Les jumeaux Joackim et Luca Guichard, dont le père est franco-égyptien et la mère norvégienne, ont grandi au Portugal et ont de la famille au Danemark. Avec tant de gènes européens, leur succès au niveau européen n’est pas étonnant. Beaucoup de cris de joie et de peur s’entendent sur la plage danoise pendant leur performance.  Nous avons déjà surfé au Danemark, nous n’avons donc pas peur du froid , rigole Joackim. Son frère Luca y voit même des avantages : On pèse un peu plus lourd quand on est complètement enveloppé. En s’entraînant ainsi, puis en faisant des compétitions en short, nous dépassons tout le monde à pleine vitesse !  Pour souligner que le froid ne représente aucune entrave, une fête a lieu sur la plage le soir, entre quelques bunkers. Nicolas Van Parys et WAF ont passé la journée à réaliser deux superbes graffitis O’Neill qui servent de décor. Le DJ joue du haut de son bunker. Les projecteurs, le feu et l’inratable tube Bonkers  aident à en faire la fête parfaite.

Les vagues sont plutôt petites et le vent trop faible lors des deux jours suivants. O’Neill The Crowning a toutefois tout prévu. Le Grinch Winch est un bloc moteur portable qui enroule vigoureusement un câble de quelques centaines de mètres de long. Cet outil permet aux surfeurs sur vague de s’y mettre tout de même. Le Stand Up Paddle boarding est la branche la plus récente de l’arbre formé par les disciplines de surf, mais est en passe de prendre une grande importance. Le ‘Supper’ se tient debout sur une grande planche et se fait avancer à l’aide d’une pagaye. La grande taille des planches SUP offre l’avantage de pouvoir également surfer sur de petites vagues. Elles peuvent même s’utiliser pour faire de la planche à voile en y montant une voile. Idéales donc sur les petites vagues de Klitmøller et les dix planches SUP se retrouvent ainsi constamment sur l’eau. Mais il existe également des alternatives sur la terre ferme. Lorsque quelques surfeurs californiens en avaient marre d’attendre les vagues des journées durant, ils montèrent des roulettes de patins sous leurs planches, donnant ainsi naissance à la planche à roulettes. Ce n’est que des années plus tard que l’on ait pu réellement surfer sur le béton. Les nouvelles planches Carver disposent d’un axe avec une rotation horizontale, ce qui augmente la ressemblance avec les sensations du surf sur vague. Un slalom permet à tout le monde de surfer en rue. Le soir, la bande au grand complet se rend dans la forêt pour couronner le plus rapide.

La mer pas trop houleuse est l’environnement parfait pour les premiers pas de Saartje Vandendriessche sur la planche. Saartje rayonne : C’était très chouette et de toute façon fort rafraîchissant. Le surf est plus difficile que je ne pensais, j'y suis pourtant arrivée les doigts dans le nez, ou plutôt l'eau dans le nez.. Après une session de surf, la plupart des surfeurs aiment se mettre à l’aise, mais ce n’est pas le cas pour Saartje. Je préfère rester active. Je me suis surprise par exemple à feuilleter des dépliants, à la recherche d’idées pour mon émission ‘Vlaanderen Vakantieland’ . Pendant que les surfeurs font de la planche à roulettes, Saartje part visiter le Wave Star Energy, une installation qui utilise les vagues pour produire de l’électricité verte. Ce n’est pas par hasard que O’Neill The Crowning a lieu dans un endroit qui met en avant l’amour de la nature qui vit auprès des surfeurs. Les ressemblances sont d’ailleurs frappantes : les surfeurs s’amusent grâce au vent et aux vagues et la région de Klitmøller produit son énergie verte grâce au vent et aux vagues ! La région de Thisted est considérée comme la plus ‘propre’ du Danemark. Toute l’électricité et plus de 80 pourcent du chauffage sont produits sans carburants fossiles. La région œuvre sans relâche à l’utilisation de toutes les sources renouvelables possibles, telles que le vent, le soleil, le biogaz et bientôt également les vagues.

De l’énergie verte provenant des vagues

Les vagues offrent du plaisir et de l’électricité verte

Des expériences sont effectuées depuis 2004 avec des modèles réduits d’installations qui transforment les mouvements de la mer en électricité verte. Le modèle définitif sera cinq fois plus long, deux fois plus large et deux fois plus grand que celui que Saartje visite à Hanstholm. Ceci rapportera-t-il assez ?  se demande Saartje à vive voix. Christian Lysdal Grant n’en doute pas. Il est un des concepteurs et notre guide de service. L’installation complète sera prête à se lancer à la conquête du monde en 2011. Christian y croit dur comme fer. Le grand avantage de la mer est qu’elle renferme 800.000 fois plus d’énergie potentielle que le vent. Cette installation est prévue pour se retrouver en plein océan, la où les vagues sont toujours présentes. Il y a un autre avantage : en doublant la taille, la production d’énergie est onze fois plus importante. En doublant la taille d’une éolienne, la production ne fait que doubler », résume Christian. Il existe actuellement environ 200 modèles expérimentaux pour la production d’énergie par les vagues, mais seul le Wave Star Energy est protégé contre les tempêtes. Christian nous dit : Nous levons l’installation et les flotteurs et restons ainsi hors de portée des vagues hautes et destructrices .

Une éminente organisation britannique estime que près d’un tiers de l’énergie mondiale pourrait provenir des vagues dans le futur. Mais comment cela fonctionne-t-il précisément ? Chaque radeau est attaché à l’aide d’un bras. À chaque fois que le radeau est soulevé par les vagues, un piston injecte de l’huile dans le système de transmission commun avec une pression de 200 bar. Cette pression actionne un moteur hydraulique connecté à un générateur qui produit de l’électricité. Grâce à la longueur de l’installation, chaque vague soulèvera chaque radeau, produisant ainsi un courant constant. Pas moins de 25 ingénieurs et concepteurs travaillent toute l’année durant pour mettre au point le Wave Star Energy.  Nous tâchons avant tout de limiter la perte d’énergie et devons retravailler la façon dont les vagues soulèvent les flotteurs. Nous pouvons par exemple bloquer les flotteurs pendant un instant pour les faire retomber avec plus de force et créer ainsi plus de pression , explique Christian. Le Wave Star Energy doit pouvoir fonctionner sans présence humaine et le développement des logiciels prendra encore plusieurs mois de travail.

Le dernier jour se trouve sous le signe du vent, mais celui-ci se fait quelque peu attendre. Une petite compétition Beat the Locals est ainsi organisée pendant la matinée. L’équipe O’Neill affronte les meilleurs Danois du coin. Les Danois se battent fort pendant quarante minutes, mais les jumeaux portugais font la différence en faveur de l’équipe O’Neill. Les Danois sont cependant heureux de la rencontre. Nous sommes étonnés du niveau élevé des Belges, surfer ensemble est vraiment motivant. Nous ne sommes que quelques surfeurs à habiter près de la côte à Klitmøller et préférerions être plus nombreux. Nous adorons par conséquent ce type d’événements. Toutes nos félicitations à O’Neill !  nous raconte Mor, qui a grandi en Israel et a déménagé de Tahiti au Danemark pour une beauté locale. Ses yeux scintillent lorsqu’il parle des vagues danoises. Les conditions peuvent être réellement parfaites, le froid n’a alors plus aucune importance , rigole-t-il.

Des Belges de classe mondiale

Entre-temps, les planchistes et kitesurfers sont partis vers Hanstholm, là où le vent semble être assez présent. Tout le monde fonce vers l’eau et les responsables de la compétition font se succéder les sessions. Il n’y a que tout juste assez de vent pour les planchistes. Les kitesurfers peuvent par contre y aller un peu plus sauvagement. La sympathique Jalou Langeree terminait sixième au classement mondial en 2007. Elle n’avait alors que 16 ans. La Néerlandaise est la sœur du numéro un incontestable Kevin Langeree, elle sait de qui tenir. Elle impressionne les Belges, tant sur les vagues que sur la piste de danse. Le kiteboarder freestyle de Nieuport, Leander Vyvey, a terminé à la seconde place mondiale pendant deux ans d’affilée. Il a attendu le vent pendant trois jours, mais ne pourra pas montrer ses tricks impressionnants. Il a en effet dû partir pour le Maroc pour un autre projet de promotion. Il est fermement déterminé à devenir le numéro un en 2010. Le planchiste freestyle limbourgeois Steven Van Broeckhoven arrive tout de même à faire des choses impressionnantes malgré le vent faible. Le jeune homme est le dernier des  grands surfeurs présents à The Crowning. L’année dernière, il était le premier à gagner toutes les manches européennes et donc également le titre. Son début sur la scène mondiale n’est pas resté inaperçu. Il a mérité d’emblée le titre de ‘Rookie of the Year’ et terminait cinquième au classement mondial. Personne n’était étonné qu’il soit le gagnant du trophée  Best Freestyle  auprès des planchistes.

Comblée après une nouvelle journée fort active, la compagnie prépare ses bagages et se dépêche pour rejoindre le repas d’adieu. Une pluie de prix déferle pour couronner les gagnants des nombreuses catégories. Les gagnants sont le kitesurfer Christophe Tack, les planchistes Fabrice Devos et le teamrider O’Neill néerlandais Pascal van der Mast.  C’était à nouveau formidable, mais quand on entend que les locaux surfent parfois à des températures de moins quinze, avec un mètre de neige sur la plage, je préfère tout de même rester aux Pays-Bas , rigole Pascal. Le discours de clôture de la représentante de l’office de tourisme est accueilli par une grande ovation. L’histoire d’amour entre la caravane belge et Klitmøller est évidente. Des plans sont forgés ci et là pour y retourner et louer une maison de vacances ensemble. Plus près et moins cher : vive le cold Hawaii  !

 

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