Le designer le plus secret du monde de la mode vient d’annoncer qu'il arrête totalement la création, mais son oeuvre rejaillit actuellement au palais de Chaillot à Paris. Après Christian Lacroix, c’est à Martin Margiela que la Cité de l'architecture et du patrimoine et Elle Décoration ont donné « carte blanche » pour l’aménagement de son appartement d’exception, situé face à la Tour Eiffel et surplombant tout Paris depuis sa terrasse.

L’intervention de Margiela dans la fameuse Suite jusqu'au 1er février 2010, entend dépasser la simple idée de décor pour faire vivre le lieu, dans l’espace comme dans le temps.

S’y mêlent les codes, les thèmes et l’univers de la Maison (le(s) blanc(s), l’argent, le trompe l’œil, les housses de coton, les traces du temps). S’y traduisent également ses valeurs (l’ironie, le détournement, la déconstruction) que la Maison ne cesse d’interprèter dans ses expressions créatives.

L’entrée se fait par un long couloir argent du sol au plafond, prémisse de la fête qui a eu lieu dans le reste de l’appartement. Les murs sont recouverts de rideaux argentés, un plafond miroité s’étend sur toute la longueur et reflète le sol en plastique à effet miroir.

La première salle expose les préparatifs d’une fête : on retire les tableaux précieux qui laissent apparaître leurs traces sur les murs, on pousse les meubles – mais cette fois, au centre de la pièce – et on les recouvre d’une housse de coton pour les protéger.

La salle des fêtes a été quittée en l’état : les télévisions sont restées allumées, les cadavres de bouteilles et les verres vides s’entassent sur les tables de bistrot, les chaises sont encore empilées, la musique hante le piano qui continue de jouer… La perspective créée par l’effet trompe l’oeil de la moquette imprimée parquet, des coffrages des garde-corps et des photocopies noir&blanc des murs et plafond donne une dimension anamorphique à l’espace.

La terrasse adjacente est recouverte d’un gazon blanc, les tabourets « pied-d’éléphants » ont accueilli ceux qui ont profité de la vue.

Une petite salle capitonnée propose comme seul élément de décor une paire de chaussures Tabi en glace présentée dans un réfrigérateur vitré. .

Enfin, la visite de termine par la salle du festin, elle aussi laissée telle quelle, où l’écho des conversations résonne inlassablement. Les confetti recouvrent le sol, la table des convives est encore dressée : les vaisselles, candélabres et girandoles sont figés, le buffet offre toujours ses sceaux à champagne, glaçons et plats. Les murs et plafond sont recouverts de photocopies trompe-l’œil d’un ancien appartement Haussmannien orné de moulures et pâtisseries.

Le bras droit du designer originaire de Louvain prend le relève. Pour l'instant, cette femme qui fait partie de la maison depuis 19 ans souhaite garder l’anonymat.


Photo : Défilé Martin Margiela

 

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