Matho : première présentation au showroom Sphère pour la lauréate du prix AMI x IFM 2025
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Lauréate en 2025 du Prix de l’entrepreneuriat AMI x IFM pour sa marque Matho, Léa Mathonière-Fallot a fait son entrée au showroom Sphère pour Paris Fashion Week mars 2026. Sa marque repose sur un travail de tricot expérimental, devenu sa signature, qu’elle prolonge par différents procédés d’ennoblissement textile, réalisés par Teintures de France.
« J’ai lancé Matho suite à une erreur de tricotage quand j’étais à l’école Duperré, explique Léa Mathonière-Fallot à FashionUnited. J’ai laissé tomber mon chariot par inadvertance et ça a révélé ces zones de flotté de fils. »
Détentrice d’un DNA Mode (Diplôme National d’Art, équivalent de la licence) à l’École Duperré, puis d’un master à l’Institut Français de la Mode (IFM), Léa Mathonière-Fallot forge ses armes chez Hermès, au design des collections bijoux, ceintures, chapeaux et gants, homme et femme, et nourrit son expérience chez Chanel et Alexandre Vauthier.
« Je tricotais les week-ends et je postais sur Instagram. Je voyais qu’il y avait un réel engagement autour de la marque. C’était nouveau, le tricot évoluait. »
En intégrant l’incubateur de l’IFM, elle structure son projet et obtient le prix de l’entreprenariat AMI Paris (Alexandre Mattiussi) en 2025. Doté de 20 000 euros, il distingue chaque année un projet issu du Fashion Entrepreneurship Center de l’Institut Français de la Mode.
Sa première collection commercialisée est présentée au showroom Run en octobre 2025. La deuxième, pour la saison automne-hiver 2026/2027, est présentée sur le showroom Sphère de la FHCM, Palais de Tokyo, en mars 2026. « Matho est une marque qui parle du corps, résume la créatrice pour décrire les valeurs de Matho. Très organique et très sensuelle. »
Sa matière fétiche est la maille 100 % laine ou laine / nylon (80 / 20) pour l’élasticité. Elle réalise également des pièces en denim 100 % coton, certifié GOTS. La maille sans couture est prototypée et réalisée sur machine Shima Seiki à Shanghai. Le chaîne et trame est fabriqué à Pantin. Elle produit en petites séries, les pièces plus complexes étant vendues en précommande.
Pour l’ennoblissement de sa collection, Léa Mathonière-Fallot a collaboré avec Teintures de France
Les gravures laser reproduisent le motif de la maille sous forme de jours. Les picots offrent un relief perceptible au toucher. Les broderies en 3D donnent l’impression d’un fil qui pend de la maille. Enfin, les sprays de teintures pulvérisés à la main composent des dégradés organiques pour un rendu artisanal.
« Nous nous sommes rencontrés lors du Prix AMI, précise Serge Haouzi, dirigeant des Teintures de France à FashionUnited. Ce qui m’a plu chez Léa, c’est sa vision de la maille et sa manière assez sensuelle de penser le vêtement. Elle est aussi très ouverte au dialogue : quand on lui propose des pistes techniques, comme l’impression 3D ou d’autres procédés d’ennoblissement, elle expérimente. »
Le paysage maritime de Charente-Maritime, région d’où est originaire la créatrice, est la source d’inspiration de la collection automne-hiver 2026/2027. Les références visuelles sont le sable, l’écume, les algues et les vagues. La palette de couleurs joue sur les bleus, kakis, verts et les différentes tonalités du sable.
Le positionnement prix retail se situe entre 90 et 300 euros pour les bijoux, 200 à 600 euros pour les vêtements (375 euros pour une robe en mesh). La robe tricotée main est commercialisée mille euros.