Mode et seconde main : un marché en plein boum

Sur le Net, les ventes d’occasion bousculent le marché traditionnel. Le retail doit-il avoir peur de cette concurrence?

Entre particuliers (Leboncoin, Vinted) ou depuis une plateforme dédiée (Vestiairecollective, Videdressing), « Tout s’échange, tout se partage », constate le cabinet Deloitte qui chiffre à 100 milliards de dollars en 2018 les perspectives de chiffre d’affaires des ventes entre particuliers au niveau mondial », soit quatre fois plus qu'en 2015.

Mode et seconde main : un marché en plein boum

Un marché amené à doubler

A l’heure où les soldes vont débuter et où ceux-ci sont à la peine, est-ce pour les commerçants une menace de plus ? L’heure semble à la prise en compte du phénomène qui ne fait que croître. De fait, auparavant perçu comme un moyen pour moins dépenser, l’achat d’occasion semble aujourd’hui déculpabilisé et s’inscrire dans une logique du consommer «responsable».

Mais, il correspond aussi à un mode de vie pour les jeunes femmes comme les Millenials pour qui un achat ne signifie pas le garder à vie. Ainsi, selon une étude menée par Dress in the City avec le cabinet Audirep « Les 18-24 ans montrent la tendance puisque 32 pour cent d’entre elles déclarent avoir acheté un vêtement de seconde main en 2017. Mieux, dans les 12 prochains mois, 46 pour cent d’entre elles se disent futures acheteuses. Il est donc possible d’imaginer un doublement du marché de la mode d’occasion dans les 5 prochaines années et donc un nouveau bousculement des pratiques de consommation de mode. »

Internet et le luxe sur le devant de la scène

Sur le secteur des biens de consommation d’occasion, le Net a pris de l’ampleur et représente actuellement 30 à 35 pour cent des ventes selon le cabinet d’études Xerfi. Sur le devant de la scène, le portail Leboncoin, créé il y a 12 ans, est en forte croissance avec 214 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2016 et totalise 27,6 millions de visiteurs uniques par mois (source : Médiamétrie / NetRatings, octobre 2017).

Entièrement consacrés à la mode, des acteurs web comme Vestairecollective et Instantluxe ont choisi de miser sur le luxe et le haut de gamme. C’est l’autre place forte de l’occasion où les potentiels sont énormes. « En parallèle d’un marché du luxe dont le chiffre d’affaires se monte actuellement à 217 milliards d’euros, l’occasion pour ce secteur s’élève déjà à 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires, confirme Stéphane Truchi, président de l’Ifop, spécialiste du luxe. On est clairement sur une nouvelle poche de croissance.

» Et pour 91 pour cent des professionnels du luxe, ce marché de l’occasion est appelé à se développer. « C’est un marché de niche en plein essor dû à deux choses : d’une part la démocratisation du phénomène qui n’est plus mal vu et d’autre part car les jeunes consommateurs n’ont plus envie d’être propriétaire à vie d’un objet de luxe », souligne Maximilien Urso, CEO Efficio Group et président de Cresus.

La mode circulaire au service des marques ?

Face à ce nouveau vecteur de croissance, de nombreuses enseignes ont décidé de réagir et propose leur propre site de seconde main pour ne pas louper le marché. C’est le cas de plusieurs noms de la mode enfantine comme Petit Bateau qui a lancé sur son application un service de vente d’occasion entre particuliers. Quant à la Ïdkids.community (regroupant les marques d’Ïdgroup : Okaïdi, Obaïbi, Oxybul et Jacadi) elle vient de créer l’Ïtroc, un service gratuit de dépôt-vente d’articles d’occasion réservé aux membres des programmes de fidélité. Enfin, Cyrillus a imaginé la plateforme en ligne Secondehistoire, site de produits d’occasion pour toute la famille.

« Entre 2013 et 2015, le chiffre d’affaires des biens d’occasion a augmenté de 3,8 pour cent, alors que dans le même temps la consommation des ménages a seulement progressé de 1,6 pour cent, rappelle dans son étude la cabinet Xerfi. Le marché de l’occasion devient donc une vraie tendance et la marge de progression est énorme, puisque 47 pour cent des Français n’ont pas encore été conquis par l’achat d’occasion. C’est pour autant 8 points de plus qu’au Royaume-Uni et 12 de plus qu’en Allemagne », rappelle l’enquête baptisée “Le marché des biens de consommation promis à un bel avenir“.

Photos : Vinted.fr – Vestiairecollective.com

 

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