ZG : un créateur de mode iranien fait du vêtement un support d’engagement pour les femmes
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Avec un t-shirt dédié à Mahsa Amini et Nika Shakarami, le créateur iranien Mohammad Amin Poureskandarian inscrit sa marque ZG dans une démarche engagée. Pensée comme un projet plus large, la griffe, made in Paris, développe une garde-robe non genrée, 100 % upcyclée.
« Ce vêtement porte les visages de Mahsa Amini et Nika Shakarami, deux jeunes femmes dont les histoires ont profondément marqué l'histoire, en Iran et bien au-delà », explique, à FashionUnited, Mohammad Amin Poureskandarian, créateur iranien de la marque ZG.
Mahsa Amini est cette jeune Iranienne de 22 ans, arrêtée à Téhéran en septembre 2022 par la police des mœurs pour port de voile jugé « inapproprié ». Elle est décédée quelques jours après sa détention.
Nika Shakarami, adolescente iranienne de seize ans, a participé aux manifestations déclenchées après la mort de Mahsa Amini. Disparue pendant plusieurs jours, elle a été retrouvée morte dans des circonstances controversées
Ces deux femmes sont devenues des emblèmes des manifestations en Iran et des symboles de la lutte pour les droits des femmes et de la liberté.
« Ce t-shirt leur est dédié, indique le créateur. 50 % des bénéfices seront reversés à des organisations qui soutiennent les femmes. Au dos, j'ai utilisé des symboles inspirés des éléments iraniens ancestraux : la terre, l'eau, le feu et la pureté. Ils font partie de mes racines. Les réinterpréter dans ce design m'a permis de renouer avec quelque chose de plus ancien, d'enraciné, mais toujours vivant. »
Commercialisé dès le 26 mars 2026 sur son e-shop, ce t-shirt marque le début d’une collection plus large, consacrée aux symboles de liberté, d’Iran ou d’ailleurs.
De l’Iran à Paris, ZG fait de la mode un espace d’expression et de lutte pour la liberté
Cette volonté d’ancrer le vêtement dans une mémoire se retrouve également dans la manière dont Mohammad Amin Poureskandarian conçoit ses collections pour ZG, griffe 100 % upcyclée, made in Paris.
Créateur autodidacte et figure de la communauté LGBTQIA+ en Iran, son inspiration est nourrie par une fascination pour les tissus et l’artisanat, notamment lors de visites aux bazaars avec sa mère. Ses défilés en Iran, pour sa marque Zardouz, ont créé des espaces de sécurité rares pour les communautés LGBTQIA+ et séropositives, confrontées à d'importantes difficultés dans le pays.
Les vêtements de ZG reposent sur un travail d’upcycling. Des matériaux vintage et de seconde main sont collectés puis transformés, via un processus de reconstruction, en pièces uniques.
« On me demande souvent pourquoi je me suis installé à Paris ?, ajoute-t-il. Parce que Paris est bien plus qu'une capitale de la mode pour moi. C'est un lieu où la liberté trouve sa voie. »