Christophe Guillarmé : comment un couturier optimise son business avec le red carpet

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Christophe Guillarmé en compagnie de la mannequin Emma Miller à la Mostra de Venise Credits: Christophe Guillarmé
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Maison de couture française indépendante, Christophe Guillarmé a fait de sa présence sur les tapis rouges un levier à part entière de sa stratégie de développement.

À l’occasion de la Mostra de Venise, FashionUnited l'a rencontré dans son showroom (Corte del Teatro, S. Moise), tout près de la piazza San Marco.

Au micro de FashionUnited, il explique avoir immédiatement identifié le potentiel du tapis rouge vénitien. Sa première expérience à la Mostra remonte à 2016. Il a commencé à développer sa participation de manière organisée à partir de 2017.

Sa méthode ? La même que celle qu’il développe au festival de Cannes : prendre des contacts, proposer à des personnalités de venir au festival et d'être habillées par la marque.

Le tapis rouge comme décor d’une stratégie de contenus pour les réseaux sociaux

Victoria Silvstedt à la Mostra de Venise Credits: Christophe Guillarmé

« On a besoin d’avoir de l’engagement sur les réseaux, de poster tout le temps et d’avoir du contenu incessant, explique Christophe Guillarmé à FashionUnited. C’est un investissement pour entretenir notre activité sur les différents réseaux, aussi bien YouTube, Instagram que TikTok, mais aussi pour avoir des parutions web. Tout cela crée une émulation autour du nom de la marque. On essaie d’être dans les noms dont on parle. »

Guillarmé reconnaît qu'il ne peut pas rivaliser avec les grandes maisons pour habiller les stars les plus connues qui sont souvent « bookées par contrat ». Il se tourne donc vers les influenceuses, les reines de beauté ou les actrices en devenir. Des personnalités qui sont elles-mêmes en recherche de visibilité et s’inscrivent dans une logique win-win.

Avec des robes commercialisées entre mille et 2 000 euros, Christophe Guillarmé revendique un positionnement très habillé, directement compatible avec le red carpet. Il n’en crée qu’une centaine d'exemplaires par modèle, fabriqués en Pologne. Son principal marché est le Moyen-Orient, mais il est également vendu aux États-Unis.

Le red carpet au service du modèle économique d’une maison indépendante

Bianca Blanco, Mostra de Venise Credits: Christophe Guillarmé

« Il faut qu'il y ait, bien sûr, la dimension artistique, mais elle ne peut pas prendre le pas, si on ne peut tenir la dimension commerciale, assume le créateur. Et à un moment donné, c'est une entreprise, il faut qu'elle fasse de l'argent. »

Ainsi, ce couturier ne traite pas le tapis rouge comme une consécration artistique mais comme l'un des instruments permettant à une PME indépendante de mode de fabriquer sa visibilité.

Cette stratégie d’optimisation des moyens trouve toutefois ses limites lorsqu’il s’agit de changer d’échelle. Toujours indépendant, Christophe Guillarmé réfléchit désormais à ouvrir le capital de sa maison à des investisseurs afin de « passer à un autre niveau » et de renforcer ses équipes.

Une évolution qui pose une autre question : celle de trouver des financiers capables, selon lui, de comprendre les spécificités du métier de la mode.

Christophe Guillarme
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Red carpet