Vivarte: le PDG remercié au lendemain de la restructuration de sa dette

Le PDG de Vivarte Marc Lelandais a été remercié par les nouveaux actionnaires du distributeur textile, au lendemain du bouclage de la restructuration de la dette du groupe, et à la suite d'un désaccord avec le conseild'administration sur l'avenir de la société.

Dans un premier communiqué, Vivarte a annoncé le départ de M. Lelandais de la présidence, après que "le conseil d'administration et lui-même ont constaté un désaccord sur la conduite future du groupe".

Ce départ, qui faisait l'objet de nombreuses rumeurs depuis plusieurs semaines, intervient au lendemain du bouclage de l'opération de restructuration de la dette record de Vivarte, qui lui avait permis de réduire ses créances de 2 milliards d'euros, mais l'avait obligé à changer d'actionnaires de référence.

Les fonds Alcentra, Babson, GoldenTree et Oaktree ont ainsi fait jeudi leur entrée au sein du conseil d'administration de Vivarte.

C'est à l'issue de sa première réunion que ce nouveau conseil a "décidé de mettre fin aux fonctions" de Marc Lelandais, signale Vivarte dans un autre communiqué, envoyé quelques minutes après le premier.

Tout en le remerciant pour le "rôle clé qu'il a joué dans la réalisation de la restructuration de la société", les nouveaux actionnaires ont indiqué avoir nommé Richard Simonin comme nouveau président de Vivarte.

Nommé il y a un mois comme directeur général délégué de Vivarte, M. Simonin était auparavant ancien PDG de Limoni, leader italien de la vente de parfums et cosmétiques de luxe. Il avait également occupé les fonctions de directeur général d'Etam de 2005 à 2010 et des grands magasins anglais Harrods de 2003 à 2005.

"Son expérience et sa parfaite connaissance des métiers de Vivarte lui permettront de poursuivre le travail de transformation et de modernisation profonde engagée depuis deux ans", indique Vivarte.

M. Simonin sera assisté dans ses nouvelles fonctions par Pierre Trotot, qui devient directeur général du groupe.

Ce changement de direction intervient de manière concomitante avec l'annonce de la nouvelle composition du conseil d'administration du distributeur.

Outre MM. Simonin et Trotot, celui-ci sera désormais composé de quatre représentants des nouveaux actionnaires, et de Christine Mondollot, ancienne responsable au BHV/Galeries Lafayette et de Virgin, de Christian Pimont, président de la Fédération des enseignes de l'habillement (FEH) et de Georges Spitzer, consultant pour des sociétés de commerce et des fonds de private equity et ancien responsable d'enseignes comme Du Pareil au même ou Coup de coeur.

Les nouveaux actionnaires du groupe précisent par ailleurs maintenir "leur soutien à la société et sont déterminés à ce qu'elle retrouve la force de sa franchise commerciale et améliore ses opérations".

"Tout en s'appuyant sur les solides fondamentaux de Vivarte pour s'adapter aux évolutions du secteur du commerce, la priorité sera donnée à la profitabilité des opérations" concluent-ils dans un communiqué.

Craintes de démantèlement

Ce bouleversement à la tête du groupe risque de relancer les craintes des 22.000 salariés, qui depuis l'annonce des discussions sur la renégociation de la dette, craignent un démantèlement de l'enteprise et une revente par appartement de ses différentes enseignes.

Vivarte regroupe 16 marques dont les enseignes La Halle, André, Naf Naf, Minelli, San Marina, Kookaï, Caroll, Pataugas, etc.

Ex-groupe André, le groupe possède 4.500 points de vente, pour un chiffre d'affaires annuel d'environ 3 milliards d'euros.

Il avait annoncé mercredi soir avoir bouclé la restructuration de sa dette colossale de 2,8 milliards d'euros, contractée avant la crise financière à la suite de son rachat par LBO en 2007 par les d'investissement Charterhouse, Chequers et Sagard.

Au terme d'une opération de transformation d'une partie des dettes en capital, rachetée ensuite par certains des anciens créanciers, Vivarte a réussi à ramener son endettement à 800 millions d'euros et bénéficie en outre d'un apport de fonds supplémentaires de 500 millions d'euros.

Confrontée au recul de ses ventes depuis plusieurs années et à la concurrence de nouveaux acteurs internationaux (Zara, H&M, Primark...), Vivarte avait entamé sous la présidence de M. Lelandais une montée en gamme de certaines de ses enseignes, ainsi qu'un développement à l'international et de ses ventes sur internet.

Selon plusieurs sources citées par des organes de presse, les nouveaux actionnaires estimeraient que cette nouvelle stratégie tarderait trop à porter ses fruits.(APF)

 

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