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Etude : le nombre de boutiques de mode et d’accessoires a baissé de 13 pour cent à Paris

By Odile Mopin

14 avr. 2021

Retail

Apur

La pandémie n’est pas seule en cause. Le e-commerce grignote les boutiques dans la capitale. En trois ans, le nombre de commerces d’habillement a reflué de 15 pour cent à Paris, (13 pour cent en comptant aussi la chaussure et la bijouterie). C’est ce que révèle l’étude triennale sur l’évolution des commerces parisiens, réalisée par la Ville de Paris, la CCI Paris et l’Apur (Atelier parisien d’urbanisme).

Le recensement, multi-sectoriel, a été effectué en octobre 2020. Il montre une continuité des tendances déjà à l’œuvre : une légère diminution du nombre de commerces et services tous secteurs confondus entre 2017 et 2020, mais une baisse à deux chiffres des magasins d’équipements de la personnes (prêt-à-porter, chaussures, bijouterie). À Paris, depuis 2017, le secteur a perdu 1097 magasins (-13 pour cent), notamment dans l’habillement avec -719 commerces et celui de la chaussure (-260 magasins). Seuls les magasins proposant de la mode seconde main augmentent légèrement, avec 8 magasins supplémentaires. La cause principale de cette évolution est bien l’essor du commerce en ligne, comme le constate l’étude, qui s’appuie sur les données de l’IFM (Institut Français de la Mode). Sur les sept premiers mois de l’année 2020, les ventes de textile et d’habillement ont progressé de 11 pour cent pour le e-commerce mais diminué dans le même temps de 26 pour cent dans les magasins physiques…

En zoomant sur le seul prêt-à-porter on s’aperçoit que la concentration des boutiques sur cinq grands pôles touristiques (les Halles-Rivoli, le Marais, Haussmann -Opéra, les Champs-Elysées et Saint-Germain-Saint-Michel) ne suit pas l’évolution de la répartition de la population résidente. La « petite boutique de mode », sympathique et de proximité tend à disparaître à Paris. Et subit aussi une pression de plus en plus forte du e-commerce.

« Cet effet de concurrence s’est vraisemblablement aggravé ces derniers mois avec la crise sanitaire de la Covid-19 et les fermetures imposées par les confinements et le couvre-feu », indique l’étude : plus de 700 commerces de mode ont disparu des artères parisiennes depuis 2017. Il en reste aujourd’hui un peu plus de 4000. Autre élément clé, la ligne de partage entre marque-enseigne et boutique indépendante multimarques se renforce. Et, contrairement aux idées reçues, ce sont les magasins d’enseigne (près de la moitié des boutiques de mode à Paris) qui sont le plus touchés, avec un taux de rotation impressionnant : 40 pour cent. Un mouvement qui s’est encore accéléré avec la crise sanitaire. Entre 2017 et 2020, l’inventaire de l’Apur a dénombré la disparition de 11 magasins Camaïeu, 10 magasins Du Pareil Au Même ou 8 magasins Célio. Plusieurs de ces grandes enseignes de prêt-à-porter sont depuis début 2021 en redressement judiciaire ou en procédure de sauvegarde de l’emploi.

Les magasins d’enseigne disparaissent plus vite que les indépendants

Autre fait notable, la quasi-disparition du Sentier Parisien historique. Certes ce n’est pas une nouveauté, mais cette étude le démontre avec des chiffres précis. L’âge d’or du commerce de gros parisien a vécu. Politique de la Ville contre les mono-activités, libéralisation du commerce et arrivées massives des importations asiatiques l’avait déjà bien entamé dès les années 90. La plupart des grossistes ont quitté Paris pour s’installer en banlieue, à Aubervilliers notamment. De plus, les acteurs historiques du Sentier ont été remplacé par une nouvelle génération de commerçants, très souvent d’origine asiatique. Les grossistes dans les boutiques situées en rez-de-chaussée des rues parisiennes, ne sont plus que 553 en 2020, soit une baisse de 75 pour cent de leurs effectifs.