Smart Creation : le nouvel espace de mode responsable et intelligente de PV a fait bouger les lignes

Il était annoncé pour la première fois en février. Ce tout nouvel espace a réuni l’ex Wearable Lab (fashion tech) et la Smart Creation (création responsable) pour mettre en valeur les deux enjeux majeurs de l’innovation, souvent liés : l’ éco-responsabilité et la technologie.

La décision d’’offrir une continuité « physique » sur le salon à Smart Creation, qui était jusqu’ici une plateforme d’étude et d’information lancée en 2015 est née d’un constat livré par la Chaire IFM-Première Vision. Selon l’une de ses études réalisées en septembre 2019, près de la moitié des consommateurs européens a déclaré avoir acheté des produits de mode responsables l’année dernière. Dans le même temps, pour les marques, la performance et la technologie sont maintenant des questions cruciales dans la conception de leurs collections. Première Vision a donc monté ce nouvel espace, destiné à devenir pérenne et présentant une sélection d’entreprises à la pointe de l’innovation.

Parmi les 54 exposants, issus de 18 pays, dont 43 dans la catégorie création responsable (smart matériaux et smart services) et 11 dans la catégorie fashion tech (dont 3 nouveaux), beaucoup de pépites. Les matières écologiques, biologiques et responsables ont été particulièrement mises en avant. Banatex, par exemple, entreprise suisse, a présenté son tissu 100 pour cent biodégradable, en prime imperméable, réalisé à partir de fibres naturelles de bananes cultivées aux Philippines. Pas de traitement chimique et une alternative intéressante aux tissus synthétiques. Les visiteurs se sont aussi attardés sur le stand du cotonnier Cotonea qui fabrique du coton organique en travaillant avec des agriculteurs en Ouganda et au Kirghizistan. Une production issue du commerce équitable, respectueuse de l’environnement, et entièrement traçable, du champ au tissu.

Smart Creation : le nouvel espace de mode responsable et intelligente de PV a fait bouger les lignes

Toujours au chapitre des fibres responsables, on ne présente plus CELC, , la confédération européenne du chanvre et du lin, et son Linen Dream Lab , interface d'expérimentation et d'inspiration qui recense les innovations textiles et techniques à partir des fibres de lin. Fibre symbole de l’éco-responsabilité, le lin est la seule fibre végétale européenne qui ne peut pas être délocalisée. Elle n’a pas besoin d’irrigation, est cultivée sans OGM, et sans gaspillage. Et favorise au passage la biodiversité agricole en régénérant les sols.

Côté « smart services », citons Resortecs, qui a imaginé une solution pour fabriquer des vêtements plus facilement recyclables : moins une pièce comporte de fournitures (boutons, détails, coutures), plus le process industriel pour la rendre réutilisable est rapide. Cette startup belge a donc développé une couture spécifique, se dissolvant à haute température.

Dans le domaine de la teinture, souvent pointée du doigt pour ses produits chimiques et polluants, Greendyes a présenté sur Smart Creation son laboratoire de recherche développé par le groupe Nextil, l’un des plus grands fabricants mondiaux de tricot et textiles élastiques. Après sept ans de recherche, Greendyes a mis au point une nouvelle solution de teinture naturelle pour l’industrie textile. Elle est basée sur l’utilisation de pigments et additifs naturels non polluants, ne nécessitant qu’une faible consommation d’énergie et d’eau.

Smart Creation : le nouvel espace de mode responsable et intelligente de PV a fait bouger les lignes

Au volet du wearable, enfin, l’un des pionniers de la maroquinerie de luxe connectée était là : De Rigueur Lab, jeune entreprise française, propose une vaste gamme de produits finis ou semi-finis : accessoires haut de gamme (portefeuilles, etc) intégrant la connectique, véritable petit ordinateur permettant de suivre en temps réel ses données, et le suivi de son stockage mémoire, par exemple. Adoptée par Lacoste, Louboutin, Fusalp ou encore Lancel, la startup, qui allie technologie et design, a bénéficié de la prime au premier entrant sur ce marché en développement.

Un espace de découverte, ponctué par l’exposition « Mutations », axée sur le biomimétisme. On pouvait y toucher des matières assez fascinantes, telles que le « Technogel » à base de polymères, offrant une similarité troublante avec la peau humaine. Ou encore, le « Totora Textile », surface texturée, mi-souple, mi-rigide, réalisée à partir de tiges creuses de Totora (une herbe des Andes). Tout aussi spectaculaire, le « Air Cushion », aérien et comme modelé par le vide, se présentant sous la forme d’une grille en fils d’inox tissés sur des coussins d’air. Une expo inspirée par les duos créatifs Scenocosme et María Castellanos & Alberto Valverde.

Parallèlement à ces travaux, Première Vision indique renouveler sa collaboration avec MateriO’ , labo et plateforme de suivi et de recensement des matériaux innovants.

photo : Première Vision- Smart Creation

 

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