« Tranoï cultive la différence », David Hadida, directeur du salon

A la tête du Tranoï depuis 6 ans, David Hadida poursuit le développement du salon repris par Armand Hadida, son père, en 2003. Rencontre !

Comment se positionne le Tranoï par rapport aux autres salons de deuxième session ?

Depuis que mon père (Armand Hadida, également fondateur des boutiques L'Eclaireur, NDLR) a racheté le salon, nous avons contribué à lancer de nombreuses marques dont certaines devenues aujourd’hui très commerciales. Mais notre positionnement est d’être un événement premium et international (70 pour cent des marques et des visiteurs) et de pousser la jeune création pointue. Nous les accompagnons sur le long terme, mais notre force est constamment d’en dénicher de nouvelles.

Tranoï propose plusieurs rendez-vous, quels sont-ils ?

Nos salons ont lieu pendant les Fashion Weeks hommes et femmes à Paris. Nous présentons 450 marques « créateurs » (mode et accessoires) pour la femme sur deux lieux dans la capitale (Palais de la Bourse et le Carrousel du Louvre). Depuis 2005, nous avons également instauré une session pour l’homme et, depuis 2013, une autre pour les Pré-Collections.

Cette saison, vous accueillez de nouveau des défilés ?

Oui, nous avions lancé cela en 2005 avec plusieurs marques dont Acne. Aujourd’hui, nous voulons les remettre au cœur de Tranoï et accueillons cette saison Christian Wijnants, Lutz Huelle, Véronique Leroy, Anne Sophie Madsen et Liselore Frowjin (Prix Chloé au Festival de la Mode de Hyères en 2014). L’idée est de faire vivre le salon, de recréer un espace de convivialité, de rencontres et de synergie. Paris doit rester une fête durant la Fashion Week et emmener nos visiteurs sur un nuage.

Qu’en est-il du digital, quel est son impact sur le salon ?

Il est important de trouver la bonne recette pour bien l’utiliser. Le digital n’est pas notre but final mais bien un outil, un moyen complémentaire à l’offre existante. Il ne peut tout simplement pas remplacer un lieu physique. Nous avons été précurseur en amorçant cela très tôt mais nous étions à l’époque trop en avance et je crois que l’heure n’est toujours pas venue. Le digitale est un moyen pour vendre plus et trouver plus rapidement des marques par exemple, mais il ne peut en rien prévaloir sur l’expérience physique qu’est un salon.

Comment voyez-vous le futur de Tranoï ?

Nous faisons partie d’une chaîne et celle-ci évolue beaucoup. Elle est la convergence de nombreux facteurs (Internet, réseaux sociaux, crise, attentats …) qui viennent la toucher et la modifier à différents niveaux. Ceux-ci ont changé notre façon de consommer et cela se répercute à tous les niveaux de cette chaîne. A l’image des Select Stores qui sont devenus des lieux d’expériences pour mieux attirer les clients, il en va de même pour nous. Le salon doit faire face à pléthore d’offres (showrooms multimarques, galeries, Internet, défilés), il devient difficile pour les acheteurs d’arpenter Paris de long en large et de tout voir. Il faut continuer à nous démarquer en insistant sur le physique tout en restant en synergie avec Paris et les acteurs de la mode.

Par exemple ?

Nous avons tissé des liens avec des organismes gouvernementaux comme le British Fashion Council et l’Institut Coréen de Recherche pour l’Industrie de la Mode (KRIFI – Korea Research Institute for Fashion Industry). Nous avons mis en place Tranoï Week, un mix entre galerie d’art, salon et showroom dans le Marais. Enfin, le rapprochement entre les deux grandes fédérations françaises de mode est également une très bonne chose. Cela ne sert à rien de faire tout tout seul. L’important est de tisser des liens.

Pour finir, y a t-il une patte Hadida dans votre façon de faire ?

Sûrement (sourire). Je dirai la rigueur et la discipline car il en faut pour faire ce métier. Mais avant tout la culture de la différence.

Photo : Portrait David Hadida.

 

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