Armor-Lux n'habillera plus les policiers

« Ça fait mal » : ceux sont les mots choisis par le secrétaire départemental (pour le Finistère) du syndicat Unité SGT Police Force Ouvrière pour commenter la perte par Armor-Lux du contrat qui liait l’entreprise quimpéroise à la police

nationale depuis 2008.

Il Armor-Lux n'habillera plus les policiersfaut dire que l’on parle ici d’un contrat très important : il s’agit d’habiller les quelques 120 000 personnels de la police nationale. C’est Ineo, filiale de GDF Suez, propriétaire entre autres de La Calaisienne et de Balsan, qui a remporté ce contrat de quatre ans avec une année optionnelle.

Le montant du contrat est substantiel : de l'ordre de 80 millions d'euros. «Cela nous rapportera entre 5 et 7 millions d'euros, soit 5 à 7% de notre chiffre d'affaires», explique Laurent Marck, directeur général d’Ineo.

La société reste donc française mais quelques voix s’élèvent déjà pour dresser un distinguo. Le député socialiste de Quimper, Jean-Jacques Urvoas, proche du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a exprimé sa colère. «La Direction générale de la police nationale porte un mauvais coup à l'économie bretonne, regrette-t-il. D'un côté, on a une PME localisée, dédiée au textile, enracinée dans la tradition, et de l'autre on a Suez avec une filiale dont ce n'est même pas le métier de base.»

Même son de cloche du côté des syndicats de la police nationale. «Les vêtements d'Armor-Lux, c'était d'abord la qualité, affirme le secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police Force Ouvrière au Figaro. Alors que l'on sollicitait le “made in France”, on voit bien avec cette décision que l'on continue les coupes budgétaires. Notre fierté bretonne en prend un coup. »

Montebourg s’en mêle

Rien d’étonnant à ce qu’Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif s’intéresse de très près au dossier. D’abord parce qu’il avait fait un coup d’éclat médiatique en posant à la une du Parisien Magazine en marinière Armor-lux. De plus, le ministre ne se lassait pas de répèter qu’Armor Lux était une « «très belle entreprise, innovante et défendant la qualité française». Le décalage entre l’action médiatique et les prises de commande venant de l’Etat envoie pour le moins un message difficile à décrypter.

En fin de journée, Arnaud Montebourg se justifie dans un communiqué, en indiquant que «sur le plan du contenu en fabrication française de l'offre retenue, rien ne permet de dire que l'offre d’Inéo est moins favorable que celle du groupement ARMOR.» Le communiqué souligne que la DGPN avait jugé l'offre d'Ineo «meilleure», «sur le plan de la performance financière comme de la performance technique». Néanmoins, dans un souci d’apaisement, le ministre du Redressement Productif ajoute qu’il a sollicité Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, afin que des solutions soient trouvées pour qu'Armor-Lux continue d'équiper la Police nationale.

Notons qu’Armor-Lux a jusqu'au samedi 20 avril inclus pour effectuer un recours devant le juge des référés du tribunal administratif de Paris. L’entreprise quimperoise a déclaré son intention de déposer un recours d'ici à vendredi.

Photo : Arnaud Montebourg au salon made in france (Herve Dewintre)
 

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