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Greenpeace​: les maisons de luxe voient rouge

1 mars 2013

Fashion

Greenpeace revient à la charge sur la planète mode. L’organisation non gouvernementale qui milite pour la protection de l’environnement a interrogé 15 maisons de luxe sur leurs procédés de fabrication et leurs politiques d’achats afin

d’éviter la déforestation et la pollution toxique des ressources hydriques de la planète.

Le questionnaire s’articule autour de trois grands axes :

La
politique d’achat de cuir : le cuir utilisé par la marque est-il issu des élevages intensifs responsables de la déforestation en Amazonie ?

La politique d’achat de pâte à papier : les emballages des produits de luxe sont-ils fabriqués par des multinationales qui détruisent les forêts tropicales d’Indonésie et l’habitat des derniers tigres de Sumatra ?

Enfin la politique de production textile : des substances toxiques pouvant affecter les ressources mondiales en eau sont-elles utilisées dans les procédés de production et de transformation des tissus ?

Voici les résultats :

Valentino est la seule maison haute-couture suivant une pratique irréprochable puisque son mode de fonctionnement n’affecte pas l’environnement. Pour elle, la mode n'est tendance que si elle ne coûte rien à la Planète. La marque s'est engagée à avoir une politique d'achat "Zéro Déforestation" en matière d'emballage et de cuir. Et à une politique Zéro rejets pour la production textile.

Giorgio Armani a aujourd'hui de bonnes politiques en matière d'achat de papier et s'engage à la réalisation d'objectifs « Zéro déforestation » à la fois pour l'emballage et pour le cuir. Nous attendons que la marque adhère à des objectifs Detox pour une mode sans substances toxiques.

Dior et Louis Vuitton déclarent avoir des politiques d'approvisionnement « Zéro déforestation » en papier et en cuir. À Greenpeace de se poser la question : «Qu'attendent ces entreprises pour s'engager concrètement dans une mode sans substances toxiques? »

Gucci s'est engagée sur une politique d'achat de cuir et de papier garantissant la durabilité de ses produits depuis 2009, et elle a activement soutenu le moratoire sur l'expansion de l'élevage bovin en Amazonie. Nous nous attendons à ce que la marque adhère à des objectifs Detox pour une mode sans substances toxiques.

Ermenegildo Zegna et Versace sont attachées à une politique d'achat de papier « Zéro déforestation ». Elles sont en mesure de tracer leurs achats de cuir dès l'origine, mais il leur manque encore des engagements contraignants sur l'achat de cuir de provenance garantie « Zéro déforestation » ainsi que sur la production de tissus exempts de substances toxiques.

Salvatore Ferragamo a de bonnes politiques pour garantir la durabilité de ses papiers d'emballage. Néanmoins, il manque encore à la marque des engagements fermes sur la politique d'achat de cuir et sur la production de tissus exempts de substances toxiques.

Quant à Roberto Cavalli, il n'a pas fourni de réponses claires au questionnaire et n'a pas fait de geste encourageant. Il n'y a aucune certitude pour les consommateurs que les politiques d'approvisionnement de cette entreprise soient respectueuses des forêts et des ressources en eau de la planète.

Enfin, d’autres marques de haute-couture vont à l’encontre de la volonté de Greenpeace. Malgré les demandes répétées de l’ONG, Alberta Ferretti, Chanel, Dolce&Gabbana, Hermès, Prada et Trussardi n'ont jamais répondu.

(Anne-Sophie Castro)

Photos: Valentino / Greenpeace