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K-Way revient en France sans «made in France»

30 août 2013

Fashion

Le retour attendu en France après 21 ans d’absence du célèbre coupe-vent, inventé par le Français Léon-Claude Duhamel en 1965, connait quelques accros. Car ce qui s’annonce comme un grand retour commercial - un premier magasin parisien

dès septembre, une distribution dans 70 magasins multimarques haut de gamme français, un chiffre qui devrait tripler d'ici deux ans sans compter les magasins en franchise - ne sera pas complété par un retour industriel. Licenciée K-Way en France, la société Robert Dodd a été choisie depuis 2004 par le propriétaire de la marque, l'industriel italien Basic Net (Kappa et Superga), pour piloter la reconquête du marché mais elle a confié la fabrication des modèles à la Chine et au Vietnam et ne compte pas changer de fournisseurs.

Sauf
que le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, qui a fait du made in France sont cheval de bataille, ne l’entend pas de cette oreille. Devenu italien, K-Way, quoi que d’origine francaise, avait quasiment disparu des rayons hexagonaux depuis 1992, après l'incendie de son usine en France et de son rachat par des Italiens. Il était revenu, depuis 2004, en Italie, au Royaume-Uni et aux États-Unis, mais pas en France. Un double retour, à la fois dans les boutiques mais aussi dans les usines françaises seraient évidemment un beau triomphe médiatique. Mais ce n’est pas si simple : les usines possédant le savoir-faire nécessaire, notamment pour le zip de fermeture et l'assemblage « thermosoudé », n'existent plus. Il existe bien un site à Cholet mais ses machines nécessitaient des adaptations et des investissements conséquents.


Plus haut de gamme, plus mode

Dans ces conditions, malgré l’aide proposée par les services du ministre, à la société qui orchestre le retour de K-Way en France, le projet de collection «made in France», même symbolique semble bel et bien compromis. Toutefois, K-Way n'a pas renoncé à concrétiser cette idée qui est, il faut le reconnaitre, plus marketing que stratégique. Il faudra simplement plus de temps que prévu. « Cette relocalisation tient à cœur aux services du ministre, qui nous ont contactés et nous aident à trouver une solution», a confié Laurent Goupil, directeur commercial de la société Robert Dodd au Figaro.

Sur les 20 millions d'euros de ventes réalisées l'an dernier en Italie, son premier marché, 10 pour cent viennent des modèles historiques basiques, le Claude et le Jacques. Le reste des ventes est composé de blousons plus haut de gamme, vendus entre 100 et 350 euros. Les nouveaux K-Way sont en matières « respirantes » et waterproof (exit le nylon) et pour la coupe, ils sont plus près du corps ce qui leur confère une élégance nouvelle qui a su séduire les italiens branchés. Le concept de blouson d'appoint qui se range dans une poche continuant à remporter un grand succès auprès de marques mode italiennes ou pas, K-Way a de bonnes raisons d’espérer atteindre, d'ici deux ans, 5 millions d'euros de ventes sur le marché français.

Hervé Dewintre
Basic Net
K-WAY
laurent goupil
robert dodd