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Le Savoir-faire : à tirer vers le haut

21 juin 2010

Fashion

Aujourd'hui, en ces temps de consommation de masse, on est de plus en plus dans le défaire du savoir-faire. Tout est dit, tout est fait en un temps record. Pourtant le concept de l'unique et de l'exclusive du monoproduit a de beaux jours devant lui.



D'où la résistance du luxe et du « slow fashion » qui privilégie l'artisanat et les petits volumes. Les artisans de la mode et du luxe ont en commun la passion du geste, le culte de la spécialisation et de la précision, la recherche de l'authenticité.

Selon le maître brodeur François Lesage qui a travaillé avec les grands couturiers de Madeleine Vionnet à Karl Lagerfeld, les jeunes créateurs ne sont pas en manque de passion et d'energie. Mais il constate qu'il est plus dûr de créer aujourd'hui qu'à ses débuts dans les années 20 avant Dior et Balenciaga.

" Ce sont des métiers très précis, moins attirants, moins lucratifs qui exigent une grande rigueur. Par contre, je regrette qu'on fige la France sur un coté passé. Ce que je veux, c'est en plus de conserver le savoir-faire, c'est de le dépasser comme Picasso avec sa période bleue, " explique Monsieur Lesage.

Le digne héritier d'une lignée de brodeurs salue l'ouverture et les échanges qui se multiplient entre les écoles et les métiers :
" Avant, la relation entre fournisseur et les grandes maisons de couture était secrét défense ".

François Lesage nous rappelle que le métier de modéliste a été éclipsé par celui de styliste, plus vague, voir plus touche à tout.  "L'époque où on faisait 100 heures par semaine, 27 heures par jour  est révolue " regrette t-il.

A l'heure actuelle, la France offre le plus grand éventail de métiers d'arts aux monde : 650 métiers - dont des métiers rares qui sont en voie de disparition. La Maison Parisienne apporte son soutien à ceux et celles qui choisissent ce métier à la fois fabuleux et fragile. L'objectif de cette entreprise, créée par Florence Guillier Bernard et Jean-Marc Dimanche est de faire-savoir le savoir-faire exceptionnel et l’extrême qualité de la façon de 550 artisans français. Maison Parisienne sélectionne soigneusement des pièces uniques ou en série limitée et les présentent lors des manifestations et expositions de vente dans des lieux prestigieux.

Les artisans - fournisseurs des acteurs de luxe restent trop souvent dans l'ombre des grandes maisons. En mars dernier, Gucci (groupe PPR) a souhaité inverser les rôles. La maison de luxe italienne a rendu hommage à ses 90 ans d'artisanat avec une campagne publicitaire dédiée à toutes ses " petites mains ".

Louis Vuitton a aussi décidé de célébrer son savoir-faire, signature de l'excellence de la maison depuis plus de 150 ans en dévoilant une nouvelle campagne publicitaire. Sous la forme d'un triptyque de portraits, elle met en scène les artisans Louis Vuitton et leur façon unique de travailler, à la manière d'un tableau de Vermeer.

Pour réaliser cette campagne, la maison a fait appel à la photographe Désirée Dolron, dont les œuvres ont notamment été acquises par le Guggenheim à New York ou le Victoria and Albert Museum à Londres. Accompagné d'un titre et d'une légende, chaque visuel représente l'un des gestes propres à la fabrication des produits Louis Vuitton : "La jeune femme et les petits plis", "La couseuse au fil de lin et à la cire d'abeille", "L'artisan au pinceau".

De jolies images bien sages qui reflètent un réel besoin de valoriser le savoir-faire dans les métiers de la mode et du textile tout en le modernisant et le tirant encore et toujours vers le haut.

Photo : Les dernières actions de marketing de Louis Vuitton et Gucci.