Les élus interpellent Kering

Comme il fallait s’y attendre, plusieurs personnalités du monde politique ont pris la parole au lendemain de l’annonce du gigantesque plan social prévu à la Redoute pour interpeller le géant du luxe Kering (ex PPR)


propriétaire du vépéceiste.

Lors de la séance des questions à l'Assemblée nationale, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg a demandé à Kering des précisions concernant les repreneurs et des éclaircissements sur les licenciements probables qui pèsent sur les salariés de l’entreprise dont le siège est situé à Roubaix dans le nord. « Nous souhaitons obtenir des précisions de la part de l'actionnaire sur son projet industriel visant à la cession à des fonds d'investissements ou des industriels supposés" a clairement indiqué le ministre.

MaisLes élus interpellent Kering c’est dans le nord, déjà durement touché par le chômage que les élus se sont fait le plus entendre. Dans un communiqué, cinq élus locaux socialistes parmi lesquels figurent Martine Aubry, Pierre Dubois et Michel-François Delannoy, respectivement maires de Lille, Roubaix et Tourcoing, jugent "scandaleuse" l'attitude de Kering, "qui a fait le choix de l'industrie du luxe, aux dépens de la Redoute, entreprise historique, dont les salariés ont servi le développement".

"Nous exigeons d'être reçus dans les jours prochains par François-Henri Pinault, président du groupe Kering, pour obtenir des explications claires sur le projet industriel du groupe et les offres de reprise en présence pour la Redoute", écrivent-ils. Ce mercredi Martine Aubry a par ailleurs indiquer avoir contacté à ce sujet le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.



« Entamer des actions qui touchent l’image de Kering »


De leur côté, les délégués syndicaux ne décolèrent pas. En début d'après-midi, 300 salariés sur le millier que compte le siège de La Redoute à Roubaix ont voté lors d'une assemblée générale "le principe d'entamer des actions dès la semaine prochaine", "des actions qui touchent l'image de Kering", a déclaré à l'AFP Jean-Claude Blanquart, délégué CFDT. La CGT, Sud et la CDFT évoquent un éventail d'actions pouvant aller de débrayages ou de manifestations à des "actions plus costaud", Sud n'excluant pas d'aller aux Champs-Elysées où se situent les boutiques de plusieurs marques de luxe appartenant à Kering.

"Nous voulons faire découvrir le vrai visage de la famille Pinault, faire tomber son masque de soi-disant patron social et responsable", a expliqué le délégué CGT Fabrice Peeters.

Les premières actions pourraient être menées dès la semaine prochaine. « Faire reculer un groupe comme Kering, ça ne va pas être facile, prévient Jean-Claude Leroy (CGT), il va falloir aller à Lille, il va falloir aller à Paris, ça passera forcément par la lutte, par la grève. On ne fera pas craquer Kering par des débrayages sur le temps de travail. »

L’objectif des syndicats : aucun licenciement sec mais des plans de formation et des départs anticipés financés en intégralité par Kering. L’idée d’une fiducie fait aussi son chemin. Il s’agirait de bloquer des sommes dédiées aux licenciements avec la garantie d’assurer au moins 10 années de salaire. « Ils ont les moyens de le faire, scandent les syndicalistes. On a des salariés âgés usés par le travail et en face, on a un groupe riche à milliards. »

Pour plus d’infos sur les relations entre La Redoute et Kering, nous vous conseillons de lire notre enquête : La redoute en état d’abandon ? http://www.fashionunited.fr/fashion-news/fashion/la-redoute-en-%C3%A9tat-dabandon-2013102313658
 

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