• Home
  • V1
  • Fashion
  • Les mariées de Who's Next

Fashion

Les mariées de Who's Next

15 janv. 2013

On écrivait sans rire qu’il était passé de mode, obsolète, désuet. Les divorces, les unions civiles, les familles recomposées et les crises (de foie, de société, de l’économie) avaient - parait-il - achevé de galvauder son prestige.Et pourtant,

la brulante actualité, passionnément concentrée sur le débat soulevé par le projet de mariage pour tous, prouve avec force que l’autorité du mariage sur les consciences et son attrait exercé sur les couples de tout horizon n’ont pas diminué.


Hasard du calendrier ou preuve supplémentaire de sa capacité à capter l’air du temps, Who’s Next Paris invite pour la première fois les exposants du salon à livrer leur vision d’une robe de mariée, à travers un exercice de style anti-conformiste. Treize créateurs : Max Chaoul, Unit Unal, Charlotte Sparre Copenhague, Vannina Vesperini, Maid In Love, Naco Paris, Moka London, Fc Farrington, Pellessimo, Stella Forest, Muse Of Love, David Pallas et Ame Sœur, exposeront leurs créations en plein cœur de l’Atelier, situé dans le fame, du 19 au 22 janvier. L’occasion de poser trois questions au parrain de l’exposition, Max Chaoul, le célèbre créateur lyonnais de robes de mariées.

Quelle est l’évolution des tendances sur le créneau des robes de mariées ? Le style victorien, remis au gout du jour par Kate Middleton, a-t-il de beaux jours devant lui ?

Le style victorien représentera toujours une valeur sure pour les clientes au style classique. La robe de Kate était très belle et la créatrice, Sarah Burton pour Alexander McQueen, très bien choisie. J’aurais personnellement imaginé une robe de mariée un peu plus excentrique, à l’image de celle de Lady Di qui a révolutionné le mariage dans les années 80. Les robes de mariée « pour toute l’année» ou « robes de mariée de ville » ont également le vent en poupe. Elles sont plus vintage, ont un côté « je n’en fais pas trop ».

Ces robes sont plus portables, plus couture, un peu plus timides aussi. Mais il existe toujours une clientèle qui veut ressembler à une « vraie princesse » le jour de son mariage. Pour porter ces robes de contes de fées, il faut avoir une très forte personnalité.

Votre style du moment ?

Tout dépend du mariage : s’il a lieu à Saint-Tropez ou à la Madeleine, la robe sera différente, et c’est ce qui rend notre métier passionnant. Nous devons être avant-gardistes, faire rêver et étonner.

Entre 2002 et 2012, on a assisté à une révolution sexy et sensuelle : la transparence était de mise, a grands renforts de broderies et de tulle. Cette année, c’est le grand retour de la dentelle française.

Nous avons aussi de plus en plus de demandes pour des robes qui se transforment : trois robes en une, à porter de trois façons différentes à la mairie, à l’église et pendant la soirée. Il y a également la tendance du court devant, long derrière : les chaussures deviennent un réel accessoire qu’il faut montrer. Pour ma part, j’ai voulu un style plus vintage. J’ai aussi osé la couleur, le fluo même, pour moderniser la mariée et redonner le sourire. Si les françaises ont un peu tiqué, ces robes ont fait un malheur aux Etats - Unis et en Italie.

Combien une future mariée investit-elle en moyenne dans sa robe ?

La robe de mariée doit être la robe d’un jour qui doit durer mille ans dans la tête, dans les souvenirs. Donc la plupart du temps on ne compte pas. Malgré tout, on sent la crise. Il nous faut étonner d’autant plus, être plus créatifs encore, faire rêver davantage avec un peu moins de moyens. Une robe Max Chaoul coûte en moyenne 3500 euros, mais peut aller jusqu’à 10000 euros. Le prix moyen du marché est au tour de 2 000 euros. Tout dépend de la confection.

Ilustration photo : Robe Max Chaoul Couture