Les politiques se bousculent au Made in France

Les allées sont pleines à craquer, on approche de la fermeture du salon et pourtant, des visiteurs veulent encore entrer. Comment expliquer l’incroyable succès de cette nouvelle édition du salon Made in France organisée par Eurovet ?

Parce que c’est le dixième anniversaire du salon qui retrouve son écrin d’origine au carrousel du Louvre ? Grace à l’exposition grand public sur la place du Palais Royal montrant une nouvelle génération de créateurs qui ont misé sur la haute façon française ? À cause d’un sursaut patriotique, adjectif remis au gout du jour par le gouvernement ? Ou est-ce une conséquence de l’appel d’Agnes B, lancé il y a deux ans, pour prôner la sauvegarde de nos savoir-faire ?

C’estLes politiques se bousculent au Made in France un peu tout cela à la fois. On aurait pu croire que la question serait d’une actualité moins brulante dix mois après les élections, mais il n’en est rien. La preuve que la question du made in France passionne toujours, au-delà même du nombre de visiteurs qui a explosé et des exposants tous visiblement ravis de leur session, c’est la présence des politiques de tous bords, qui ont arpenté les allées de la manifestation qui s’est déroulée du 10 au 11 avril.

Accueilli par une horde de caméras, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif écoute entre deux questions des journalistes lui demandant de commenter la décision de Bernard Arnault de renoncer à la nationalité belge, les doléances des façonniers. Ces doléances auraient porté il y a quelques sessions encore sur la difficulté des pme françaises à survivre dans ce secteur, il n’en est rien aujourd’hui : la grande angoisse désormais, c’est la formation de nouveaux employés. Une angoisse plutôt positive puisqu’elle prouve que le secteur embauche de nouveau, mais qu’il peine à trouver du personnel compétent.

Le ministre martèle son message : la banque publique d’investissement est là pour vous aider ! Elle doit pallier les défaillances de marché qui handicapent le financement des entreprises, en particulier des PME, elle doit également de proposer progressivement des services d’accompagnement et de soutien renforcé à l’innovation et à l’export, qui seront accessibles pour les entreprises grâce à des guichets uniques dans chaque région. Le ministre du Redressement productif appelle à l'union de la filière, réclamant des grands groupes une plus grande attention pour leurs sous-traitants.

La visite de Jean Pierre Raffarin séduit les exposants qui l’accueillent souvent avec un chaleureux « Merci au sénat de s’intéresser à nous ». Le vice-président du Sénat rappelle que le made in France est réclamé partout dans le monde. 90 pour cent des produits de l’habillement made in France sont exportés dans le monde. Ce grand amoureux de la Chine invite quelques exposants ravis à le suivre dans son prochain voyage à Pekin. Qu’a-t-il retenu de ces années de Premier Ministre ? « Les français vivent les volets clos. 75 pour cent de notre population fait comme si le monde extérieur n’existait pas. C’est une erreur » regrette-t-il avant de s’extasier devant les produits proposés par les façonniers de Poitou Charente.

Un message à l’opposé de celui de Marine Le Pen pour qui les problèmes viennent de l’ouverture de nos frontières, de l’union européenne et de la disparition du franc. "Il y a eu un saccage dans le textile en France avec l'ouverture des frontières aux Chinois". La présidente du Front National évoque également l’etiquetage made in France, un étiquetage impossible à mettre en place « à cause de l'Union européenne qui considère que c'est "une forme de protectionnisme". Une vision un peu réductrice du problème, les marques de premier plan ne souhaitant pas toujours communiquer sur l’origine de leur produit. Une conférence accueillie par le salon a d’ailleurs fait un point complet sur le label made in France et sur le transfert de compétences d'une génération à l'autre. (Détails dans article suivant).

Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME, à l’innovation et à l’économie numérique ecoute, pragmatique, les messages des exposants concernant les problèmes de recrutements. « Il n’y a pas d’écoles pour former aux métiers dont on a besoin, regrettent certains exposants, il faut communiquer d’avantage sur l’attractivité de nos métiers ». La ministre qui a récemment discuter de ce problème avec les propriétaires de Chanel, reconnait que les marques qui font des efforts pour communiquer auprès des écoles et des lycées professionnels doivent être soutenues.

Visite et photos obligatoires sur le stand de la fabrique de bérets Laulhère d'Oloron. Tous se plient de bonne grâce à l’exercice du port de béret oloronais, dans des styles différents certes, mais tous convaincus que le made in France, sujet obsolète, voir ringard il y a quelques années, est, pour les années à venir, un thème d’intérêt majeur.

Photos : Hervé Dewintre



 

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