MFW: de nouvelles intentions mais sans cohésion

Les bonnes perspectives n’ont pas manqué mais l’incertitude politique et économique est bien là - les élections générales italiennes viennent d'avoir lieu - et la semaine de la mode milanaise en a ressenti les effets.



Recherche,MFW: de nouvelles intentions mais sans cohésion innovation et tradition ont été représentées, aussi bien par les salons White, Super et Mipap, que par les 71 défilés ; cependant le climat politique et les mauvais chiffres ont pesé sur la Fashion week. Ceux concernant les 450 licenciements de Benetton par exemple ou encore ceux de la mode femme italienne. De plus, pendant la conférence de présentation de la Fashion Week, Mario Boselli, président de la Camera nazionale della moda italiana, avait déclaré haut et fort : “nous avons besoin d’argent, d’argent, d’argent”, espérant une position plus favorable du Gouvernement vis-à-vis du secteur de la mode.

L’industrie italienne de la mode femme devrait clôturer l’année 2012 avec une baisse d’au moins 0,7 pour cent, et un chiffre d’affaires d’un peu moins de 12,2 milliards d’euros. L’incidence des ventes à l’étranger sur le chiffre d’affaires global atteint les 56 pour cent.

Les salons
Super, le nouveau salon mis en place par Pitti en collaboration avec Fiera Milano, a démarré avec de grandes perspectives. “Nous travaillons pour essayer de donner la meilleure image de ce nouveau rendez-vous et l’Italie a besoin de stimulants. Nous attendons une présence internationale” a déclaré à Fashion United Raffaello Napoleone, directeur général de Pitti Immagine, tout en ajoutant qu’on ne sait pas encore quel sort connaîtront les autres salons dédiés à la femme, à savoir Touch! Neozone et Cloudnine, qui, jusqu’à l’année dernière se sont déroulés à Zona Tortona. "Ils sont entre parenthèses pour l’instant car nous avons décidé de nous concentrer sur Super", a ajouté Raffaello Napoleone. Dimanche après-midi, ce n’était pas la foule au salon, même si nombreux sont ceux qui ont raconté que le pic d’affluence avait eu lieu dans la matinée. Parmi les opérateurs d’accessoires et de prêt-à-porter, nous avons pu voir Lardini, célèbre marque d’habillement pour homme, qui travaille depuis des années pour Burberry, Ferragamo, Etro et Dolce&Gabbana, et qui a commencé avec la collection femme. "Nous sommes présents à Pitti Uomo depuis de nombreuses années, voilà pourquoi nous sommes aujourd’hui à Super pour présenter la collection femme”, a expliqué à FashionUnited le président du groupe Andrea Lardini.

Un décor particulier, semblable à un bois rempli de “champignons” sur piédestal, a présenté les chaussures de la créatrice britannique Sophia Webster, déjà assistante designer pour Nicholas Kirkwood. Des chaussures en cheval colorées et amusantes pour la marque italienne Avec Modération qui évalue le lancement de sa première boutique monomarque.

Un intérêt certain autour des marques Made in Uk et une attention particulières ont été portés à l’environnement avec le projet Green Closet.

Les 170 collections de prêt-à-porter féminin et accessoires présentes à Mipap -dont 25 pour cent étrangères- sont certes moins axées sur la recherche, mais elles sont attachées à une certaine tradition de la couture et du tricot. Une affluence modérée pour le salon White, à l’autre bout de la ville, malgré de nombreux acheteurs qui, après avoir attendu la navette en vain ont fini par opter pour un taxi.


Les défilés
En haut de l’affiche, les grands noms : de Dolce&Gabbana à Prada, en passant par Gucci et Emporio Armani. Le patron de Diesel, Renzo Rosso, peut faire preuve d’enthousiasme pour son premier défilé Marni, dont la holding Only the brave a pris le contrôle en décembre dernier. Chez Prada on a pu voir des vêtements stricts, dans le respect total du savoir-faire artisanal et de la qualité made in Italy. "Vous voudriez être romantique, mais vous ne pouvez pas”, a expliqué Miuccia Prada, "c’est une fantaisie défendue".

A bien regarder les files d’acheteurs, surtout orientaux, il semblerait que les podiums milanais suscitent encore de l’intérêt. Les acheteurs chinois venus assister au défilé Anteprima ont même eu droit à la traduction dans leur langue de la description de la collection. Le chinois en somme est devenu la langue officielle de l’événement milanais aux côtés de l’italien et de l’anglais. C’était la même langue et les mêmes visages que l’on pouvait retrouver à travers la ville, à la présentation proposée par la marque Ballantyne cashmere, boutique-concept de Carla Sozzani, située au 10 Corso Como. Sur les bustes d’essayage, la nouvelle collection capsule réalisée par le styliste britannique Matthew Williamson.

Photos: Prada / Ballantyne Williamson

Isabella Naef

 

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