PFW: La modernité version Dior et Loewe, allégée et illuminée

Robes à panier à motifs floraux, gilets longs portés avec des bermudas: dans la droite ligne de sa collection haute couture, Raf Simons a revisité la mode du 18ème siècle, avec un oeil futuriste, pour proposer une silhouette moderne au quatrième jour des défilés de prêt-à-porter parisiens.



Le show, auquel assistaient entre autres Carla Bruni-Sarkozy et Marion Cotillard, se tenait dans la Cour carrée du Louvre. Sur l'installation abritant le défilé, tout en miroirs, se réfléchissaient les façades du muPFW: La modernité version Dior et Loewe, allégée et illuminéesée, au coeur du Paris historique. Sur un podium en forme de navette spatiale, vêtements de cour et combinaisons de pilotes côtoient des robes blanches évoquant des uniformes scientifiques chic.

"J'ai commencé par me demander: qu'est-ce que la modernité? (...) Il me semblait plus contemporain d'aller vers un passé lointain plutôt que de moderniser l'esprit des dernières décennies", expose le couturier belge. Pour le PDG de Christian Dior, Sidney Toledano, cette collection "s'adresse à une femme jeune, moderne, dans un style de vie totalement nouveau".

S'inspirer du passé permet selon lui à la mode de durer. "C'est ce que d'autres secteurs ne savent pas faire. Dans la technologie, on regarde toujours le produit de demain, futuriste, et finalement éphémère. En revanche la mode, à ce niveau-là, n'est pas dans l'éphémère, elle se réinspire du passé, sans passéisme, en se projetant", déclare-t-il à l'AFP après le show.

Contrairement à d'autres maisons parisiennes, Dior a décidé de retransmettre son défilé sur son site internet, s'adressant directement au public. "On lui parle directement mais avec des images fortes. On ne veut pas casser la magie, on veut que ces images soient montrées avec une grande qualité parce que le luxe, c'est le sens du détail, de la lumière, de la couleur. Or parfois l'internet peut faire baisser le niveau", explique encore Sidney Toledano. "Il faut un certain degré de qualité des images et quand on peut le faire avec des outils médias audiovisuels qui le permettent, on le fait", poursuit-il.

Silhouette Loewe allégée et illuminée

Avec ses pantalons en cuir de couleurs vives noués à la taille, ses hauts en feuilles de daim formant une deuxième peau, un vent de légèreté a soufflé sur la marque espagnole Loewe, apporté par le Britannique Jonathan Anderson.

La première collection de prêt-à-porter féminin pour Loewe du créateur, âgé de 30 ans, était attendue. Dans le décor minéral du jardin de l'Unesco, il a proposé des tenues reprenant le cuir et le daim emblématiques de la marque madrilène de maroquinerie et prêt-à-porter fondée en 1846, mais assoupli les silhouettes avec des matières plus légères. Chargé de "reconfigurer les codes" de cette maison dont il a pris la direction artistique en 2013, Jonathan Anderson explique après le show avoir voulu un résultat moins rigide que par le passé. "J'ai voulu m'éloigner des clichés. Quand je pense à une femme espagnole, ça ne m'évoque pas des structures rigides, nocturnes, je vois quelqu'un de libre. Je me suis dit que le lin et le coton, associés au cuir, pouvaient être modernes", raconte le jeune homme né en Irlande du Nord, qui possède par ailleurs sa propre marque, JW Anderson.

La collection fait bien sûr la part belle aux sacs, qu'il s'agisse du traditionnel Amazona, mais aussi d'un nouveau sac-puzzle. "L'idée, explique encore Jonathan Anderson, était de s'éloigner des sacs à structures rigides. Je voulais quelque chose de plus souple, moins strict". Les couleurs évoquent parfois la pierre - beige doré, blanc -, et se font soudain éclatantes sur un pantalon en cuir: turquoise, jaune, rouge... Pour permettre de "croiser ces couleurs", les mannequins elles-mêmes se croisaient en déambulant entre des bancs et tabourets de béton sur lesquels étaient assis les invités du défilé, en présence de Bernard Arnault, patron de LVMH auquel appartient la marque.

"Je voulais que chaque personne ait un point de vue différent sur la collection. Je pense que l'ennui est le plus gros problème dans la mode", explique Jonathan Anderson. C'est aussi pour ne pas lasser le consommateur que certaines des tenues présentées sont proposées à la vente immédiatement, sans attendre l'arrivée du printemps.

Par Anne Laure Mondesert, AFP
Photos (Style.com): Loewe (sac), Christian Dior, ss15

 


 

 

Sur le même sujet

PLUS D'ACTUALITÉ

 

LES DERNIÈRES ANNONCES D'EMPLOI

 

LES PLUS CONSULTÉS