Si vous n’achetez rien, vous payez 4 euros

4 euros, soit environ 5 dollars australiens, c’est le prix que les clients d’un magasin australien doivent payer s’ils sortent sans rien acheter. La raison de cette pratique commerciale plutôt singulière ? Lutter contre le « showrooming »-nouveau mot vaguement

 technique mais très en vogue désignant le bon vieux « coup d’œil » que le badaud vient jeter en boutique pour se renseigner sur un produit avant d’aller l’acheter aillleurs – sur internet de préférence.

Ce n’estSi vous n’achetez rien, vous payez 4 euros pas même pas une blague. L’info vient du site dailyfinance qui a photographié l’affiche prévenant les clients de cette nouveauté. La direction de ce magasin défend cette décision en pointant du doigt une « recrudescence » des personnes « qui utilisent ce magasin comme point de comparaison avant d'acheter ailleurs ». Un peu comme si le client indécis et le promeneur du dimanche incarnaient une forme de délinquance nouvelle en quelque sorte.

Le site dailyfinance dénonce évidemment la parfaite stupidité de cette pratique (nous éviterons le ridicule d’employer l’expression « lutte anti-showrooming »). Non seulement parce que cette forme de repérage a toujours existé et fait partie du plaisir que l’on peut prendre à faire son shopping. Mais aussi parce le prix compétitif et le service client nous semblent être des atouts plus susceptibles de trouver grâce aux yeux des clients que les péages. Sans parler du fait que cette méthode risque de faire fuir – et on les comprend – les clients qui craignent de ne pas trouver leur bonheur dans les rayons du magasin.

Bien que cela semble être une parfaite question de bon sens, une récente enquête de l’Atelier BNP confirme l'attachement des consommateurs au service client. Les points de ventes physiques sont jugés plus efficaces que les boutiques virtuelles (ou les « pure-players ») pour cerner les besoins et les envies des consommateurs. Le service après-vente des boutiques physiques rassure car il est jugé plus facile à contacter en cas de problème que celui d’un site internet. L’aspect convivial de l’expérience d’achat ne vient qu’ensuite.

Enfin, il faut indiquer que si effectivement un internaute sur cinq se sert du magasin avant de faire son choix sur internet, l’honnêteté commande de signaler que le ratio est exactement le même concernant la démarche inverse. En effet, selon une étude réalisée par le site Tribalista et l'agence Kalidea Pulse, 24 pour cent des internautes feraient ainsi leur choix sur Internet avant d'acheter en boutique. A priori, l’initiative de ce magasin australien ne devrait pas faire d’émules, sinon on pourrait imaginer, pourquoi pas, un droit de péage devant chaque boutique pour pouvoir faire du lèche-vitrine.
 

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