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Sourcing: pourquoi faire fabriquer en Bulgarie?

25 févr. 2014

Fashion

La Fédération de la maille et de la lingerie a livré sur le salon Zoom by Fatex – le salon des façonniers qui se déroule en février dans le cadre de la manifestation Premiere Vision- une cartographie des savoir-faire de huit pays, proche et moyen import: Portugal, Bulgarie, Roumanie, Moldavie,

Lituanie, Maroc, Tunisie et Ile Maurice, non seulement au niveau des produits finis mais aussi des matières. Nous avons souhaité livrer plus spécifiquement les données qui concernent la Bulgarie, car c'est un pays qui par l’étendue de son savoir-faire est une alternative pleine d'intérêts, en ce qui concerne le moyen et haut de gamme, par rapport à la Roumanie, destination privilégiée des donneurs d'ordres européens.

L'industrie textile Bulgare compte environ 3000 sociétés qui sont majoritairement des PME. Une dizaine d'entre elles emploient plus d'un millier de personnes. Les clients clés sont l'Allemagne qui absorbe un tiers des exportations bulgares, suivi de l'Italie et de la France (12 pour cent). Le salaire mensuel moyen est de 300 euros. Très peu de tissus se fabriquent ici: les bulgares travaillent essentiellement à façon et se fournissent en matières premières auprès de l'Italie pour les tissus en laine, et de la Turquie.

Alain Reynaert est agent textile ; il est basé en Bulgarie où il a démarré une activité textile il y a 23 ans. Depuis une dizaine d'année, en plus de la façon, son activité s'est étendue à la fourniture d'accessoires. " Les 3000 sociétés bulgares sont uniformément reparties dans tout le pays: dans chaque ville ou village, il y a un atelier. C'est simple, le textile est le premier employeur bulgare, avec le tourisme. Cependant, les bulgares ont peu de matières premières à leur disposition: ils sont specialisés dans la sous traitance et fournissent éventuellement quelques fournitures."

La Bulgarie: un pays de sous-traitance pure


à la question de savoir si la filière textile-habillement Bulgare pouvait glisser de la sous traitance vers la co-traitance, avec ce que cela implique de connaissances dans l'achat de matières premières et d'accessoires, Alain Reynaert est catégorique: "la plupart des sociétés bulgares resteront pendant longtemps dans la sous-traitance pure avec quelques apports d'accessoires comme par exemple le thermocollant, mais pour les matières premières et les accessoires très spécifiques, ils seront toujours fournis, soit par les donneurs d'ordres, soit référencés par les donneurs d'ordres et achetés éventuellement par les ateliers ou par l'agence pour le compte des clients. En sachant que les ateliers n'aiment pas beaucoup dépenser de l'argent, ils ont été assez refroidis par les banques dans les années 90 aussi ne disposant pas de crédits, ils préfèrent mettre de coté leur trésorerie plutôt que d'investir. "

Les spécialisations phares de la Bulgarie sont quasiment les mêmes que pour la Roumanie: les pièces à manches, les costumes mais également le prêt à porter femme. "L'avantage de la production bulgare en prêt à porter femme, indique Alain Reynaert, c'est que les ateliers acceptent les quantités moyennes et petites car leur capacité sont souvent réduites (50 à 60 personnes), ils ont une petite chaîne de fabrication donc ils peuvent facilement faire passer les quantités moyennes et petites. La Bulgarie, ce n'est pas vraiment pour les grosses quantités, de 5000 à 10000 pièces: ce seront trop longs pour eux. Et plutôt moyen haut de gamme, voir même haut de gamme. La productivité en terme de quantité n'est pas bonne en Bulgarie, mais la qualité est très bonne. Le produit idéal doit donc avoir beaucoup de valeur ajoutée, et nécessiter de la main d'oeuvre: si vous allez en Bulgarie pour faire de simples T-Shirt, ce n'est pas la peine, le rapport main d'oeuvre/prix ne sera pas intéressant. Par contre, si vous y faites faire un manteau très structuré, avec des empiècements, vous êtes au bon endroit: vous serez bien placé et vous aurez de la qualité".

Les ateliers bulgares sont également très bien équipés en ce qui concerne le flou. Beaucoup d'investissement ont également été fait en ce qui concerne le pull-over dans de nombreuses unités de productions en rectiligne. les italiens ont également fait des investissement la bas sur des usines de tricotages, de tissages de matières premières. " Il y a aussi pas mal de matières premières qui arrivent des donneurs d'ordres français, précise Alain Reynaert, ils font des réservations de matières premières en Turquie et comme la main d'oeuvre turque est plus chère que la main d'oeuvre bulgare, ils font passer leurs tissus ou leurs matières premières par la Bulgarie puis vers la France, une sorte de nouvelle route de la soie si vous voulez."