PPR devrait accueillir prochainement une quatorzième marque dans son giron. Une marque de luxe, bien évidemment, étant donné le recentrage quasi achevé du groupe qui a décidé de quitter toutes ses activités dans la grande distribution.

Cette maison sera Pomellato, le célèbre joaillier italien, qui s'est façonné une réputation de premier plan en mettant les traditions et le savoir-faire du bijou au service d'un design débarrassé de toute connotation passéiste.

L’ histoire du joaillier débute en 1967, à Milan, lorsqu’un fils de négociant en pierres précieuses, Pino Rabolini, persuadé que les orfèvres de renom manquent d'audace, a l'idée de créer des « bijoux différents à vivre et à porter ». De son point de vue, les gemmes de toutes sortes et de toutes couleurs doivent sertir des parures fantaisies conçues pour être portées comme des accessoires de mode. Les collections Pomellato adopteront même le rythme du prêt-à-porter et chaque lancement sera relayé par une campagne de pub shootée par les plus grands photographes de mode tels que Helmut Newton, Herb Ritts ou encore Horst P. Horst. En quelque sorte, Pomatello a inventé le concept de joaillerie « prêt-à-porter ».

L’un des plus grands succès de la marque fut, en 1995 la création de Dodo, une nouvelle griffe de joaillerie destinée à une clientèle plus jeune, reconnaissable à ses pendentifs en forme d’animaux porteurs de messages. Trois objectifs : une cible plus étendue à un prix plus accessible, une contribution systématique à la sauvegarde de la nature, ne serait-ce qu’ à travers le choix du nom de la marque (une espèce disparue) et la collaboration avec le WWF Italia. Et enfin, introduire les notions de modularité et de messages en tant qu'éléments incontournables du bijou. Aujourd’hui, Dodo représente 30 % du chiffre d’affaires de la marque.

A la fin des années 90, Pino Rabolini confie la gestion de sa société à une équipe de dirigeants externes. En 2009, une holding est créée, Ra.Mo SpA, avec pour actionnaire principal la famille Rabolini. Ra.Mo Spa a 82 pour cent de Pomellato. Les 18 pour cent restants appartiennent à la société concurrente Damiani.

Andrea Morante, le nouveau PDG du groupe (en poste depuis 2009), a pour principal objectif depuis son arrivée de développer les boutiques en propres (un peu plus de 70 aujourd’hui) et de renforcer le développement géographique de la marque qui a grandi jusqu’ici essentiellement par le biais d’un réseau de retailers.

« Nous ne sommes pas encore à Hong-Kong de manière significative, ni au Brésil, ni en Inde ; nous avons tout juste commencé en Chine », expliquait récemment Morante. L’autre axe de développement prévu est l’extension dans les montres et les parfums. Pour financer cette croissance organique, le PDG qui avait misé initialement sur une entrée en Bourse avant fin 2013 devrait pouvoir compter désormais sur le puissant groupe de Pinault qui serait prêt à mettre sur la table 350 millions d’euros.

Le rachat de Pomellato complètera un portefeuille de 13 marques de luxe du groupe français, un portefeuille comprenant Gucci, Bottega Veneta, Yves Saint Laurent, Alexander McQueen, Boucheron, Balenciaga, Brioni, Christopher Kane, Stella McCartney, Sergio Rossi, Girard-Perregaux, Jeanrichard et Qeelin. En 2012, le pôle luxe a constitué 64 pour cent du chiffre d’affaires de PPR (9,7 milliards d’euros au total), mais a représenté plus de 84 pour cent du bénéfice opérationnel courant.

légende photo : collection Capri avec Tilda Swinton par Jeff Burton
 

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