Vasconcelos à Versailles

" C’est le décor idéal pour célébrer l’audace, l’expérimentation et la liberté; le génie créatif apprécié comme nulle part ailleurs," s'enthousiasme Joana Vasconcelos, dernière créative à investir le Château de Versailles, après les maisons Dior et

Chanel ou encore le japonais Takashi Murakami, Jeff Koons, et Xavier Veilhan.

" InterpréterVasconcelos à Versailles la dense mythologie de Versailles, la transporter dans la contemporanéité, évoquer la présence d’importantes figures féminines qui l’ont habité, en s’appuyant sur mon identité et mon expérience de femme, portugaise, née en France, sera certainement le défi le plus fascinant de ma carrière," rajoute l'artiste qui a crée une paire d'escarpins géants à partir de casseroles et couvercles en acier inoxydable (voir photo ci-contre).

La Galerie des Glaces, théâtre de somptueuses cérémonies et d’importants événements de l’histoire de l’humanité, reçoit en effet " Marilyn ", une élégante paire de souliers à talons hauts. Confinant au gigantisme, cette accumulation génère un véritable effet Gulliver qui voit l’œuvre se dresser dans la vaste galerie telle un ode aux conquêtes de la femme dans les domaines public et privé.

L’inox de Marilyn – aussi résistant que les armures et les boucliers des guerriers qui ont combattu à la guerre de Hollande et la guerre de Dévolution, thèmes explorés dans les tableaux et médaillons des plafonds en voûte de Charles Le Brun – associe son éclat métallique à celui des miroirs qui ornent l’arcade provoquant un jeu de reflets déconcertant qui démultiplie l’espace à l’infini.

Située à l’extrémité sud de la Galerie des Glaces, la monumentale paire d’escarpin renvoie le visiteur à l’immensité des succès remportés par la figure féminine absente, aussi grandioses que les victoires célébrées par Louis XIV dans les peintures de Le Brun, aujourd’hui reflétées sur la froide surface métallique de Marilyn.

La nature du processus créatif de Joana Vasconcelos repose sur l’appropriation, la décontextualisation et la subversion d’objets préexistants et de réalités du quotidien. En partant d’ingénieuses opérations de déplacement, réminiscence du ready-made et des grammaires nouveau réaliste et pop, l’artiste nous offre une vision complice, mais en même temps critique, de la société contemporaine et des divers aspects qui servent les énoncés de l’identité collective, en particulier ceux qui renvoient au statut de la femme, aux différences de classe ou encore à l’identité nationale.

De cette stratégie naît un discours attentif aux idiosyncrasies contemporaines, où les dichotomies habituelles artisanal/industriel, privé/public, tradition/modernité et culture populaire/culture érudite apparaissent investies d’affinités aptes à rénover les habituels flux de signification caractéristiques de la contemporanéité.

Les oeuvres d'art de Joana Vasconcelos sont à découvrir jusqu'au 30 septembre.

Photo : Joana pimente la vie de château en y exposant ses étonnantes créations en dentelle au crochet des Açores, laine fait à la main, maile, tissus, céramique, marbre...

 

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