Vuitton-Guesquiere : une arrivée préparée depuis un an

Sans surprise, comme nous vous l’avions déjà annoncé ici, Nicolas Ghesquière va s’occuper de la direction artistique des lignes féminines de Louis Vuitton. La marque de luxe, championne toute catégorie du groupe LVMH, a confirmé la

nouvelle aujourd’hui dans un communique sans préciser si Guesquière allait reprendre toutes les attributions de Marc Jacobs, débarqué il y a seulement un mois.

CetteVuitton-Guesquiere : une arrivée préparée depuis un an arrivée est préparée de longue date. Lorsque Guesquière annonca en novembre 2012 son départ de Balenciaga, propriété de Kering (le groupe concurrent de LVMH), officiellement « pour se reposer », les commentateurs de l’époque avait déclaré que Bernard Arnault était en pourparler avec Nicolas Guesquière pour financer éventuellement une maison à son nom.

Le magnat avait en fait déjà décidé de placer un designer jugé plus élitiste à la tête de Vuitton qui souffrait d’une perte de prestige liée à sa surexposition. Un choix stratégique et industrielle cohérent de la part de Bernard Arnault qui souhaite repositionner Louis Vuitton sur un créneau plus haut de gamme. Gucci et Hermès progressent plus vite que Vuitton car ils jouissent d’une image plus sélective. Les sacs en toile cirée se vendent certes à merveille mais leur hégémonie empêche la marque de s’épanouir dans un segment des accessoires plus luxueux. L’embauche le mois dernier du designer italo-canadien de 38 ans, Darren Spaziani (en photo ci contre), pour renforcer le développement de nouveaux produits de maroquinerie « de la plus haute qualité pour complèter les collections existantes « va dans ce sens. Notons que Spaziani était auparavant designer des accessoires chez Balenciaga… Dernier indice qui peut faire penser que Bernard Arnault préparait ce nouveau coup de poker depuis longtemps: il avait pris soin de ne pas renouveler le contrat de Marc Jacob que pour une seule année lors de leur dernière négociation.


Pinault –Arnault : une guerre de longue date

Reste à savoir si François-Henri Pinault acceptera sans réagir cette royale prise de guerre. La guerre qui anime les deux magnats du luxe ne date pas d’hier : elle a commencé en 99 lorsque Pinault père a volé Gucci au nez et à la barbe de Arnault qui n’a jamais vraiment décoléré depuis. Kering s’apellait alors Pinault Printemps La Redoute, et n’avait pas encore mis les pieds dans le luxe. Bernard Arnault, furieux, avait réuni ses troupes au siège de LVMH et avait déclaré, d’une voix blanche de colère et de mépris : « La Redoute se lance dans le luxe ».

Depuis Pinault avait multiplié les embauches importantes. Apres Gucci, il avait réussi à fédérer un pole luxe important comprenant Bottega Veneta, Stella McCartney, Balenciage et bien entendu Saint Laurent dirigé par Hedi Slimane, ancien prodige qui brillait auparavant chez le groupe concurrent (Dior fait partie de LVMH). Arnault peut se targuer désormais d’avoir de nouveau l’avantage. Nicolas Guesquiere était la grande découverte du groupe Kering, le designer de 42 ans avait œuvré 15 ans chez Balenciaga qu’il avait rejoint en 1997 avec le soutien de Tom Ford, l’allié de Pinault à l’époque. Il fut auparavant assistant chez Jean Paul Gaultier, styliste maille chez Thierry Mugler, puis designer chez Trussardi. Son talent brillera desormais chez LVMH. Ce qui explique la grosse colère que piqua Pinault en novembre 2012 le jour où il appris le départ de Guesquière : Pinault avait tout de suite pointé du doigt son rival Bernard Arnault qui, selon lui, œuvrait en coulisse pour débaucher son designer star. L’avenir lui a donné raison. Pas sûr qu’il en soit profondément ravi.







 

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