Bercy veut convaincre les entreprises de fournir des masques lavables aux salariés

Paris - Le gouvernement veut convaincre les entreprises de fournir des masques en tissu à leurs salariés plutôt que des masques chirurgicaux importés, face aux "surcapacités" dénoncées par certains industriels français reconvertis dans la fabrication de masques.

"Préparer le plan d'action futur"

Alors qu'environ 450 entreprises françaises se sont converties à la fabrication de masques durant la crise sanitaire, parfois au prix d'investissements supplémentaires, "il y a 10 pour cent des entreprises qui se retrouvent avec des stocks sur les bras" aujourd'hui, a expliqué lundi la secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher sur RTL. Une réunion a lieu lundi après-midi avec "l'ensemble de la filière" pour "préparer le plan d'action futur", a-t-elle ajouté.

Masques réutilisables "made in France"

Le gouvernement veut s'efforcer de convaincre les grandes entreprises d'équiper leurs employés en masques réutilisables "made in France", tout en musclant les stocks publics en masques tissus.

"Nous avons une mission (...) dont l'objectif est de convaincre les gros acheteurs de passer du masque à usage unique au masque textile lavable réutilisable, et d'expliquer que c'est bien un équipement de protection individuelle", a-t-elle martelé. Un message qu'elle a notamment spécifiquement adressé à La Poste, précisant qu'il s'agissait d'une "transition essentielle".

"J'avais dès le 15 mai alerté la filière sur ce risque de surproduction" face à une demande potentiellement moindre qu'attendu, a observé Mme Pannier-Runacher. "C'est quand même incroyable. On a un produit qui est écologique, qui a un rapport qualité-prix imbattable", pour plus d'une dizaine d'utilisations par comparaison avec les masques à usage unique, "et néanmoins on n'arrive pas à convertir les grandes entreprises à utiliser ce masque (en tissu), on préfère le masque chirurgical qui, lui, est importé de Chine", a insisté la secrétaire d'Etat. "Ce produit n'existe que depuis deux mois, donc je peux comprendre que les employeurs n'aient pas fait tout le travail" d'identification des produits homologués et "les organisations syndicales ont pu à certains endroits être méfiantes", a-t-elle reconnu.

Par ailleurs, "l'Etat a passé des commandes vers des masques 100% français", d'autant qu'"un masque tissu (...) se conserve plus longtemps: il est plus rare d'avoir des moisissures sur un T-shirt que sur un masque chirurgical à usage unique", a-t-elle fait valoir. Elle réagissait notamment aux déboires de l'entreprise Tissages de Charlieu, qui avait tôt rejoint "l'effort de guerre" de production de masques en France.

"ll y a visiblement une offre pléthorique qui fait que les commandes s'écroulent littéralement (...) On se retrouve dans une situation compliquée, on a investi un million d'euros pour augmenter notre capacité" et "on a cette semaine un million de masques en stocks", invendus, a déploré le dirigeant de l'entreprise, Eric Boël, également interrogé sur RTL.

Alors que le gouvernement avait encouragé l'accélération de la production de masques en tissu en France pour garantir l'approvisionnement du pays à l'approche du déconfinement, une mission "de plus long terme confiée à quatre professionnels" a désormais été lancée pour "travailler à l'installation de textile durable en France", a indiqué Mme Pannier-Runacher. (AFP)

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Crédit : Chantelle

 

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